AccueilPortailFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Solitaire le Roublard ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Belomen
Matou Chanceux


Messages : 544
Date d'inscription : 06/06/2008
Age : 31
Localisation : Madrestam

Quelques informations...
Race: Ecaflip Aquatique
Guilde: Chevalier de Mystra
Cercle de Puissance:
180/200  (180/200)

MessageSujet: Solitaire le Roublard ?   Lun 24 Nov - 22:49

Qui a dit que la nuit ne tombait jamais sur Amakna ? Alors que Belomen arpentait en silence les rues désormais désertées de Bonta, battues par les vents frais de l'obscurité, ne parvenant pas à trouver le sommeil, l'esprit tourmenté par de bien étranges et malvenues questions. La faute à cette petite fée, Honoratta, et à une innocence trop parfaite qui empêchait l'eca de la rabrouer lorsque certaines de ses questions le mettaient mal à l'aise. Il s'arrêta un instant et leva la tête vers les cieux, y cherchant je ne sais quoi, sans doute rien si ce n'est la présence rassurante de la lune. La nuit, et l'ombre en général, convenaient bien aux félins... et elle était pour Belomen un second foyer... propice au repos et à la réflexion. Trop de réflexions dans le cas présent, il pouvait bien l'avouer. Se l'avouer.

Mais vous aussi m'sieur z'êtes triste...

Belomen tapa contre un mur proche, expulsant par ce geste une vague de colère. De quoi se mêlait-elle avec ses affirmations idiotes ?

Pas triste... mais... solitaire...

Malgré la douleur irradiant déjà dans son poignet droit il frappa à nouveau le mur, puis une troisième fois avec un gémissement contenu maintenant son poing contre la pierre. Le regard flou, incertain, mais plein de colère.

- Ouais je suis solitaire... et alors ?

Il détournait son ire sur la personne d’Honoratta, bien trop conscient que d’innocentes questions ne devraient pas le mettre dans un état pareil mais qu’y pouvait-il ? Il avait éprouvé, devant l’eniripsa, une honte aussi terrible qu’incompréhensible... et pourquoi être gêné de ce qu’il avait mis tant de temps à construire, de cette vie qui était la sienne. Il grimaça tandis qu’un mince filet de sang se détachait de ses phalanges, courant sur les doigts avant de faire tomber goutte après goutte sur le sol bontarien.

Il déplia lentement sa main, regardant les meurtrissures avec un détachement total. Ce n’était pas la première fois que sa fourrure se voyait ainsi souillé par son propre sang, cela était même tant de fois arrivé que l'ecaflip aurait été dans la plus grande des peines de pouvoir les dénombrer. Mais peu importait... après tout il n'avait de compte à rendre à personne sur l'état de son corps... et, malgré les souffrances chaque jour un peu plus grandes il continuait, avec une obstination proche de la folie, à mettre de côté les considérations physiques.

Pourtant... oui pourtant... il sentait que quelque chose en lui, comme une bascule sur le point de céder, menaçait de se briser. Son corps avait subi trop de coups, essuyé trop de fois des attaques adversaires, que Belomen en venait presque à se sentir vieux. Pourtant il allait atteindre le mois prochain son vingt-deuxième printemps... enfin... selon ce qu'avait inscrit son ancien soit dans les registres de la caravane du silence. Il avait pourtant l'impression, chaque matin, d'avoir une dizaine d'années supplémentaires.

Et les questions d'Honoratta avaient réveillé en lui une douloureuse conscience de la réalité... oui... solitaire... et sans doute voué à disparaître dans l'anonymat d'une escarmouche reculée. Il s'imagina un instant, seul et agonisant dans un coin reculé et l'écho de cette solitude mortuaire le fit frissonner, chassant même un instant dans son esprit l'omniprésence de sa douleur physique. En même temps avait-il le choix ? Force était d'admettre que non... son caractère renfermé et cette solitude permanente qu'il recherchait sans même le vouloir le coupaient peu à peu du reste de la communauté... même de la caravane où il venait à peine d'entrer...


- Et alors !

C'est sa tête cette fois qui vint heurter le mur.

- Je n'y peux rien... et cette vie est tout ce que j'ai... ma vie... et mon honneur... mes deux dernières possessions...

- Tes deux dernières possessions ? Vraiment ?

Il se retourna, un air hargneux sur le visage, prêt à en découdre, et se trouva nez à nez avec une Sram à l'air angélique. Toute vêtue de rouge, une grotesque coiffe de Bouftou sur la tête, elle le regardait avec un air malicieux. Belomen se redressa, vexé.

- Et je pourrais savoir qui vous êtes ?

Il avait mis dans sa voix, volontairement, un peu plus d'agressivité que nécessaire. A sa grande surprise la jeune femme lui fit un sourire tout en mimant une parodie de révérence.

- Nazgalia... pour vous servir... Belomen...

Il sembla à l'ecaflip apercevoir dans les yeux de la Sram une lueur étrange mais la surprise chassa bien vite cette étrange appréhension. Il recula d'un pas, inquiet tout à coup tandis que ses yeux scrutaient l'obscurité avec appréhension. Rien. Pour le moment du moins. Belomen afficha à son tour un sourire insolent.

- Et, Nazgalia, pourrais je savoir comment vous... connaissez mon nom ?

Cette fois pas de doute, il y avait dans le regard de la jeune femme une certaine folie.

- Mais...

Et elle éclata de rire avant de pointer l'ecaflip du doigt.

- Parce que je vous ai tué pardi !

Il ait des jours comme ça... où on ferait mieux de rester couché. Il recula d'un nouveau pas, suivi dans chacun de ses gestes par Nazgalia. Buttant contre le mur derrière lui sa main rencontra son épée, ce simple fait lui redonna un peu de constance. Posant la main sur la garde, laissant doucement la colère l'envahir, il se prépara au combat à venir. Pas assez rapidement apparemment lorsque une dague, doucement, vint se poser contre sa gorge. La Sram était contre lui, le sourire toujours présent, son visage à quelques centimètres du sien en une étreinte qui aurait pu être charmante si elle n'avait pas été si... mortelle.

- Je crois que nous avons beaucoup de choses à nous dire Belomen...

Elle lui avait susurré doucement. Du coin de l'oeil l'ecaflip vit deux ombres apparaître à ses côtés, deux roublards brakmariens, il eut une grimace.

- Je suppose que je n'ai pas le choix ?

Nazgalia eut un petit rire cristallin et le regarda avec un sadisme évident.

- Je ne crois pas non...

_________________


Dernière édition par Belomen le Lun 24 Nov - 23:19, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://oc-mystra.jdrforum.com
Belomen
Matou Chanceux


Messages : 544
Date d'inscription : 06/06/2008
Age : 31
Localisation : Madrestam

Quelques informations...
Race: Ecaflip Aquatique
Guilde: Chevalier de Mystra
Cercle de Puissance:
180/200  (180/200)

MessageSujet: Re: Solitaire le Roublard ?   Lun 24 Nov - 22:49

Deux roublards se tenaient désormais à ses côtés, ombres silencieuses, ombres mortelles, ombres bien trop présentes. Nazgalia se détacha de lui, frôlant doucement ses lèvres et provoquant chez lui un rictus violent. Elle lui tourna le dos, prenant le chemin menant à la sortie de Bonta, invitation muette à la suivre, Belomen eut un sourire et, surprenant ses deux gardes du corps un peu trop collant, se laissa tomber à genoux, il y eut un moment de flottement durant lequel il se délecta de la surprise de la Sram, puis, en un geste circulaire, il trancha la chair des deux brakmariens l'encadrant. Pas question cette fois d'être pris au dépourvu... certainement pas. Avec un sourire sauvage il pointa son arme vers la jeune femme tout de rouge vêtue.

- Tu m'aurais abattu hein ? Étrange que je ne m'en rappelle pas alors...

Les deux corps autour de lui étaient encore agités de soubresauts, derniers instants d’une vie écourtée, faisant naître sur le visage de l’ecaflip une expression de folie. Les deux adversaires se fixèrent un instant, faces différentes d’une pièce unique sur laquelle la même démence venait se greffer. Ils restèrent immobiles quelques instants, peut-être quelques secondes, avant qu’un piou volant entre eux ne donnent bien malgré lui le départ de l’affrontement.

Aussitôt Belomen vit la Sram disparaître dans les ombres tandis qu’en un réflexe intuitif sa propre lame venait stopper à hauteur de son visage le premier coup de dague de Nazgalia. Il se jeta sur la droite, évitant de se retrouver acculer contre le mur proche tandis que ses lèvres incantaient un sort de perception. La jeune femme sembla surprise de réapparaître aussitôt mais son coup porta tout de même, venant fendiller un peu la tranche de l’arme de Belomen.

C’est finalement ce dernier qui recula, surpris par la violence du coup porté. Nazgalia était tout sauf une frêle jeune femme... rapide, bien trop forte pour sa carrure... en un mot mortelle. Un silence pesant s’installe après le fracas de ces quelques passes d’armes durant lequel, à nouveau, ils se fixèrent. C’est Belomen qui, finalement, brisa ce silence.


- Que voulais tu dire par là ?

A nouveau la femme eut un petit rire, devenu agaçant.

- Tu vois cette dague Belomen ?

Elle fit jouer dans ses doigts une lame à l’aspect pour le moins effilé et coupant, l’ecaflip en imagina le contact sur sa peau et en eut un frisson.

- ... oui.

A nouveau ce rire tandis que des ombres, à nouveau, se mouvaient non loin de lui, tendant ses nerfs à l’extrême.

- Et bien..., et elle fit glisser la lame sur sa langue, cette très jolie dague... a déjà, elle la déplaça jusqu’à son cou et mima le geste en même temps qu’elle parlait, glissé contre ta jolie gorge mon tout beau...

A nouveau un frisson courut sur la colonne vertébrale de Belomen... de quoi parlait-elle ?

- Et..., il eut un sourire volontairement provocant, cette mésaventure me serait arrivée quand ?

Belomen arrivait désormais à dénombrer pas moins de cinq roublards, peut-être plus, gravitant autour d’eux, invisibles mais bien présents... malheureusement pour lui. Pourtant, et alors que la fuite était peut-être encore possible, quelque chose le poussait à en savoir plus. Ces informations sur un passé pouvant être le sien résonnaient étrangement dans son esprit, trouvant des échos positifs là où, autrefois, son obstination à rejeter son ancienne identité formait un mur infranchissable.

Nazgalia sembla réfléchir quelques instants... puis, levant un doigt d’un air malicieux vers lui elle clama une réponse qui fit frémir Belomen.


- Trois mois !

Au fond il l’avait su avant même qu’elle ne le dise... évidemment... cela expliquait en partie les choses... même si... même si...

- Et pourquoi cela m’est-il arrivé ?, il pointait à nouveau son épée vers la jeune femme, faisant naître sur la lame des reflets argentés sous les effets de la lune.

Cette fois la surprise changea de camp et Nazgalia ouvrit de grands yeux.


- Mais... de quoi parles tu... tu penses bien que Maître Djaul n’allait pas laisser ton vol impuni ?

Son vol ? Maître Djaul ? Par ecaflip... dans quelle merde son ancien soit avait-il bien pu se fourrer ? A nouveau, reculant sans y penser, il se retrouva bloqué contre un mur, une odeur ignoble flottant dans l’air.

- Quoi qu’il en soit mon cher Belomen... Il est temps pour toi de régler doublement l’addition... rends nous ce que tu nous as volé... et... nous nous chargerons de t’offrir la plus rapide des morts...

A entendre les ricanements dans le noir l’ecaflip douta fortement que cela soit vraiment le cas... il eut néanmoins un sourire inquiétant qui fit lever un sourcil à Nazgalia. Il n’avait rien à offrir qui puisse les satisfaire... le combat était inévitable. Affrontement dans lequel il n’avait aucune chance... son sourire devint plus large encore.

- Dîtes les enfants... c’est pas que la conversation m’ennuie mais...

Pivotant une nouvelle fois sur lui même il trancha un sac de farine entreposé à côté de lui, et, du pied, l’envoya dans les airs, faisant pleuvoir sur la scène un véritable barrage de fumée blanche, épaisse. L’ecaflip eut un rugissement en se précipitant en avant.

- Voyons si tu auras la chance de me tuer deux fois !

On n’y voyait goutte... et pourtant dans le silence de la nuit résonnaient avec force le fracas des armes, le bruit du métal rencontrant le métal. Danseur parmi les autres d’un ballet aux notes funèbres, Belomen ne pouvait s’empêcher de rire... sinistre présage. La mort lui tendait les bras dans le plus magnifique des cadres, une bataille héroïque et inutile contre des gens dont il ne savait rien mais dont les maléfices ne faisaient aucun doute. Il se déporta sur la gauche, évitant la lame d’un roublard et, posant la patte contre le torse de son assaillant eut un murmure.

- Bluff...

L’assassin brakmarien fut projeté plusieurs mètres en arrière sous la violence de l’impact, inconscient ou mort. Il tendit la main vers son destin personnalisé en la personne des cinq autres roublards, et derrière eux, Nazgalia immobile.

- On est parti messieurs ?

Et il les invita à avancer.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://oc-mystra.jdrforum.com
 
Solitaire le Roublard ?
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Loup solitaire et souvenir de jeunesse
» Alac, voyageur solitaire loin de son foyer...
» Roublard ressucité.
» Nouveau JDR : Loup Solitaire en Français
» pêcheur solitaire.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ordre des Chevaliers de Mystra :: Le Bosquet De Saoriandra-
Sauter vers: