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 Un dernier Voyage

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Belomen
Matou Chanceux


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MessageSujet: Un dernier Voyage   Lun 24 Nov - 22:50

La poussière, se soulevant des ruines de son ancienne cité, rien d'autre aujourd'hui qu'un désert traversé par le sifflement des vents, venait lui fouetter le visage avec violence. Luffy manquait terriblement à Belomen, le dragodinde ayant été ces temps derniers sa seule compagnie... et son seul véritable ami. Une fois de plus il était revenu en ces lieux, en ces terres de tristesse, où, autrefois dans les temps de l’insouciance et de la joie s’était déroulée son enfance. Parti oui... par lassitude, ou par cette langueur cruelle qui chaque jour un peu plus le rendait mélancolique et triste. Pouvait-on appeler cela l’appel de la terre ? Sans doute pas... il l’avait quitté il y a de cela tant de temps... une dizaine d’années maintenant... Il se frotta les yeux irrités par l’air ambiant chargé de poussières et eut un petit sourire. Il faisait peine à voir... c’était bien la première fois qu’il était confronté à un pareil simoun.

- Le vent... tout comme le temps... semble vouloir faire disparaître mes souvenirs...

Pourtant... en fermant les yeux... il parvenait encore, distinctement, à entendre les rires des enfants et la voix de sa mère l’invitant à revenir à la maison tandis que la nuit faisait son approche sur la petite communauté. Mais il lui suffisait de les rouvrir pour que la désolation en une ironie cruelle et cynique lui rappelle cette réalité parfois si dure à porter. Les bourrasques se faisaient encore plus violentes, menaçant même de le jeter à terre et, luttant en un dernier effort contre le souffle d'Eol, il se réfugia derrière un vestige de mur, laissant les vents affronter la pierre plutôt que son corps.

Pourquoi était-il revenu ici ? La question revenait sans cesse en son esprit, en une lancinante rengaine. Le besoin de se souvenir de ces temps heureux n’y était sans doute pas totalement étranger... mais pas seulement. Au delà des souvenirs et des réminiscences d’antan le jeune ecaflip ressentait pour ce lieu une attirance totale et incompréhensible. Comme si résonnait en lui, constamment, un appel l’invitant... non... lui ordonnant de revenir ici. Plus le temps passait... plus le besoin de rejoindre ces lieux se faisait présent... et pourtant... pourtant... il ne se sentait toujours pas... satisfait.

De quoi pouvait-il bien avoir besoin... faisant fi des fantômes du passé... il avait tenté de refaire en d’autres lieux un semblant de vie, une recherche du bonheur qu’il avait cru pouvoir accomplir... se réfugiant pendant de longs mois dans cette espérance folle qu’il parviendrait à oublier, qu’il réussirait à se fondre dans le présent pour ne plus appartenir au passé. Il était même tombé amoureux... incroyable... mais même cet amour aujourd’hui était remis en question. La confiance n’était plus. Déjà.

A cette pensée une vague de tristesse menaça de submerger Belomen tandis que des frissons parcouraient son corps. Il est parfois des mots contre lesquels raison et sentiments ont bien du mal à lutter... le poison du doute qui lentement mais sûrement s’insinue dans le coeur des mortels pour leur ôter un bonheur parfois si durement acquis. Il soupira. Était-ce pour cela aussi qu’il passait son temps à voyager ? Fuir une réalité par trop pénible et blessante ? Il se recroquevilla sur lui même, sa cape enroulée autour de lui comme seule protection contre la morsure du sable.

La nuit n’allait sans doute pas tarder à tomber... et cela faisait déjà presque une semaine qu’il était parti de la caravane, sans un mot, aucun. La lassitude se fit soudain plus présente, lui ôtant même la force de se lever pour quitter le village fantôme, et, tandis qu’enfin les vents se faisaient moins violents, il se perdit dans la contemplation des cieux. Nostalgie des temps de jadis où portant sa jeune soeur il venait les admirer des heures durant. Un goût salé vint envahir sa bouche et il cligna des yeux, surpris, avant de comprendre en un silence qu’il pleurait. Dans la solitude de la nuit et de ces lieux déserts son âme s’était enfin ouverte et il pleurait sans honte, dévoilant la détresse qui était sienne aux seules étoiles.

Son père autrefois le tançait avec cela... le jugeant trop émotif pour faire un bon joueur... le hasard avait voulu que des siens... lui seul survive. Le moins bon joueur sans doute à qui pour une fois la chance avait souri. Il eut un sourire douloureux.


- La chance ?

Avait-il vraiment été chanceux de survivre à la disparition de son clan ? Chaque jour un peu plus il en doutait... et l’errance à laquelle il s’était lui même condamné prenait peu à peu tout son sens. Malgré tous ses efforts il n’avait... et n’aurait jamais de chez lui. Pire même ses efforts en ce sens, incompris, étaient souvent considérés avec mépris par ses nouveaux compagnons qui y voyaient de l’arrogance... comment seulement pourraient-ils comprendre ? Lentement mais sûrement il en était venu à se demander si sa présence même au sein de la caravane était justifiée. Oh... non que cela se soit soudainement révélé à lui mais, au fil du temps, et alors que son coeur plus que son esprit était persuadé de la justesse de son choix, il en était venu à s’interroger sur sa capacité à se fondre en un groupe véritable. Plus qu’un doute... c’était devenu avec le temps une cruelle certitude. La faute n’en revenait pas à ses compagnons mais bien à lui même...

- J’aurais du mourir alors...

Sa voix était monocorde, son ton neutre et la phrase claqua dans l’air du soir comme une funeste sentence. Ce temps n’était plus le sien, ne l’avait jamais été. Il se sentait dépassé, vivant le présent comme une suite d’humiliations. Et que dire de cette chance que si souvent il avait mis en avant pour justifier ces actes... même elle semblait l’avoir quitté, lui tournant le dos alors qu’en ces moments il aurait plus que jamais besoin d’elle. Bien sur... oui... il savait que le hasard se provoque... comme tout joueur... mais la force de relever la tête lui manquait. Il frissonna à nouveau, avec la nuit la température avait brusquement baissé semblant s’accorder avec son état d’esprit.

Pris d’une envie étrange il se releva néanmoins, et, toujours silencieux, le regard vrillé sur le sol qu’éclairait doucement la lune, il déambula comme une âme en peine dans la cité abandonnée. La fatigue, se mêlant étroitement à ses sentiments et pensées, vint superposée aux cadavres des murs les images du passé. Belomen avançait désormais un sourire enfantin aux lèvres en un rêve éveillé dont il n’avait aucune envie de s’éveiller.


- Si je rentre assez tôt... peut-être aurais je la chance d’avoir une part de brioche...

Et pressant le pas, perdu dans ses illusions, il pressa le pas pour rejoindre son ancien foyer au nord de la ville.

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Dernière édition par Belomen le Lun 24 Nov - 23:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un dernier Voyage   Lun 24 Nov - 22:51

La tempête enfin finie le vent n'était plus pour Belomen qu'une caresse dans le miroir de ses songes. Oui... tout était redevenu comme avant, et à ses narines frémissantes montaient l'odeur du pain chaud et de l'orge fraîchement coupé il se tourna vers la gauche, un sourire aux lèvres tandis que sa main, glissant sur la pierre, retrouvait des sensations d’antan chassant la réalité présente. Quel bonheur immense que de se retrouver ici à nouveau... Il salua de la tête quelques passants qui lui répondirent d’un sourire. Au loin, derrière une dernière rangée de maison s’entendait le doux bruissement de l’eau entourant le village et... sa maison.

- Belomen !

Un choc dans son dos et il se retourna surpris avant de retrouver aussitôt son sourire face à une très jeune ecaflipette, à peine cinq ou six printemps, s’accrochant à une de ses jambes avec un air boudeur.

- Tu en auras pris du temps à revenir ! Méchant !

Il eut un soupire amusé et, pliant le genou, se baissa pour passer sa patte sur la tête de la jeune fille.

- Elyonha... Tu m’auras manqué tu sais...

Ce sont deux yeux brillants qui se levèrent vers lui.

- Pour de vrai ?

Il eut un rire joyeux.

- Pour de vrai soeurette... pour de vrai...

Sa famille... oui... il était parti depuis bien longtemps et cette absence, tel un poids pesant sur son âme, l’avait fait souffrir. Mais désormais il était bel et bien de retour et...

- Je ne repartirais pas... ne t’en fais pas...

Le sourire que lui rendit Elyonha fut pour lui un véritable bonheur et, la prenant sur son dos comme autrefois il continua sa route jusqu’à la maison de son enfance. Malgré lui une légère appréhension, serait-il bien accueilli... tant de temps était passé... il eut un frisson tandis que se profilait au tournant la vieille demeure de pierres et de chaume. La porte en était ouverte et il s’arrête sur le seuil, angoissé, pris d’une soudaine hésitation.

- ...

- Belomen est de retour ! Maman ! Papa !

Sautant de son dos Elyonha ne lui avait pas vraiment laissé le choix, se précipitant dans la maison pour clamer la nouvelle, bonne ou mauvaise, de son retour. Arborant un sourire à la fois crispé et figé il se décida finalement à entrer. A peine un pas... et il se figea submergé subitement par une vague de sentiments violents et contradictoires. Rien n’avait changé, face à lui, lui souriant comme autrefois lorsqu’il rentrait de l’école sa mère l’attendait tandis que son père, un rictus moqueur aux lèvres, se tenait à table.

- Et bien Belo... toujours à l’heure pour le repas...

A nouveau il sentit les larmes lui venir aux yeux.

- Prends donc une chaise fainéant... à moins que tu veuilles rester à la porte hum ?

Belomen sursauta et, sans réfléchir, pris place au côté de sa soeur radieuse. Sa mère eut un petit rire.

- Pour peu... tu serais revenu hier... tu aurais pu voir la partie que ton père a bien failli gagner...

Ce dernier leva un doigt vers son fils, toujours aussi ébahi et silencieux.

- J’y étais presque cette fois... mais elle a eu une chance insolente ! Enfin je remettrais ça après le repas... sois en certaine Eyesa !

Nouveau rire de sa mère qui résonna longtemps dans le coeur de Belomen tandis que les larmes, à nouveau, coulaient sur ses joues.

- Et le voila encore en train de chialer... décidemment tu n’auras pas changé d’un iota mon pauvre gars...

Même ces moqueries qu’autrefois il ne pouvait supporter étaient aujourd’hui pour lui autant de joies. La chaleur d’un foyer il s’essuya les joues d’un revers de la manche tandis que tous le regardaient sans vraiment comprendre. Il eut un sourire, fragile mais sincère.

- Merci... Merci à tous d’être là... avec... avec moi...

Sa mère eut un regard tendre et compréhensif.

- C’est plutôt toi qui enfin nous rejoints mon Belo...

Le sourire de Belo, teinté de cette joie infantile, se fit plus large.

- Durant tant de temps... Je pensais que dans la vie quelqu’un m’apporterait tout le bonheur dont je rêvais... mais j’ai appris à tout oublier...

Au fil de ses pas, de ses errances, il en prenait conscience avec une acuité douloureuse, il avait tenté, en vain, d’oublier ces lieux, ces choses de son passé.... Ici dans ce monde où il était né... il s’était enfui dans le temps, perdant son sourire faux, cessant de jouer les imposteurs pour vivre la réalité de sa propre conscience. Les mensonges et le trouble étaient de trop dans son rêve éveillé.

- Et si tu nous racontais un peu ce que tu as glandé durant tout ce temps hum ?

- Oui ! Raconte nous !

Belomen fut pris d’une irrésistible envie de rire. Les yeux pétillants, heureux, il ouvrit la bouche.

- Et bien...

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MessageSujet: Re: Un dernier Voyage   Lun 24 Nov - 22:52

Et, sans même prendre au repas, se contentant pour seule nourriture des sourires que lui offraient les siens, Belomen s'était lancé dans le récit de sa vie de nomade. Se perdant parfois dans les détails, s'attardant sur des anecdotes, mais le coeur enfin soulagé. Finalement le repas se termina sans même qu'il y ait pris part tant il était absorbé par son récit. Dans l'âtre s'effondra doucement une bûche tandis qu'enfin le jeune ecaflip terminait son récit. Tant d'années de vie s'étaient écoulées loin des siens... il n'avait jamais imaginé que tant de choses aient pu lui arriver en finalement aussi peu de temps. Pourtant, ici, rien n'avait changé... il remarqua même que sa mère portait toujours au cou ce collier de dents de pichons qu'il lui avait offert il y a de cela bien longtemps... non rien n'avait changé... tout était comme avant...

Il se leva, repoussant de la main la chaise en bois et s'étira doucement. Depuis quand n'avait-il pas passé une soirée si merveilleuse... machinalement il rabattit une touffe de poil qui s'était dressé sur la tête d'Elyonha. Elle s'était endormie sur la table pendant la soirée, refusant d'aller se coucher. Il eut un sourire et la porta jusqu'à sa chambre avant de rejoindre ses parents.

- Tu comptes repartir ?

Son père. Il releva la tête et croisa son regard. Aucune trace de moquerie pour une fois, une question sincère. Belomen hésita un instant.

- ... Je... j'aimerais rester...

Son paternel haussa les épaules, un sourire aux lèvres.

- Ton récit montre bien que tu as grandi Belo... même si je te trouve toujours aussi fluet...

Eyesa lui donna un coup de coude et ils éclatèrent tous trois de rire.

- Tu peux sans doute faire ta vie loin de nous désormais...

Un silence pensant s'en suivit, surprenant Belo.

- Néanmoins...

Sa mère avait pris la parole avec dans sa voix des accents de tristesse refoulée.

- ... si tu décides de partir à nouveau...

Elle regardait ailleurs en parlant, fixant par la fenêtre un invisible horizon.

- ... tu dois savoir que tu ne pourras plus revenir ici...

Toute la chaleur sembla alors quitter le corps de Belomen, comme s'il avait été plongé soudainement dans une cuve d'eau glacée. Il fit un pas en arrière, une sueur froide lui coulant le long du dos.

- Pourquoi !

Plus une accusation qu'une question.

- Tu le sais bien...

Il se retourna et vis sa soeur qui le fixait. Elle semblait si triste... il recula d'un nouveau pas, horrifié.

- Je ne comprends pas... Je...

Son père s'approcha de lui et posa la main sur son épaule.

- Belo...

- NE ME TOUCHE PAS !

Il le repoussa violemment et, reculant toujours, se trouva acculé dans un coin de la demeure. Un instant, une fraction de seconde, le charme s'était rompu. Il tomba à genoux.

- Laissez moi... Je ne veux pas comprendre... Je ne veux pas...

Il fermait obstinément les yeux sentant le voile de l’illusion se déchirer un peu plus à chaque instant. Sa soeur qui n’avait pas grandi toutes ces années, tout ce rêve... il avait refusé de voir ce que sa raison lui criait. Et il le refusait encore maintenant, se réfugiant dans ces derniers espoirs.

- Je ne veux pas...

Un silence de mort s’installa.

- Si tu le souhaites un moyen existe mon fils...

Belomen releva la tête vers l’image tremblante de son père.

- ... Lequel ?

Il vit sa soeur se détourner et eut un frisson.

- Lequel !

Son père demeura un instant silencieux.

- Tu peux nous rejoindre...

Le vent souffla dans la maison, faisant frissonner Belomen. Les rejoindre ? Il se releva doucement, le regard perdu dans le vague. Sa main tremblait mais il n’en avait cure. Les rejoindre ? Après tout... qu’avait-il à gagner à demeurer dans le semblant de vie qu’il s’était créé... construite à partir de faux semblants, de mensonges qu’il se construisait pour lui même plus que pour les autres... que resterait-il de Belomen ?

- Grand frère...

Il avait déjà tout perdu... tout ou presque... il lui restait cette chose misérable qu’était sa vie. Il eut un sourire sans vie pour sa soeur et, d’un signe léger de la tête donna son assentiment.

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MessageSujet: Re: Un dernier Voyage   Lun 24 Nov - 22:52

La morsure de l'acier se frayant un chemin en sa chair... il n'en fallait pas moins pour faire sortir l'ecaflip de la torpeur mortelle dans laquelle son corps et son âme étaient tombés. Un instant hébété Belomen regarda son ventre d'où sortait désormais une vieille lame rouillée, il eut un haut le coeur et un filet de sang commença à couler le long de sa bouche. L'illusion était totalement rompue cette fois et, horrifié, il contemplait les ruines de sa demeure et... ceux qu'il avait pris pour les membres de sa famille. Monceaux de corps, amas d'os dotés d'un semblant de vie, l’un deux si proche qu’il pouvait sentir son odeur sur lui. Était-ce cette invitation qu’il avait accepté ? Devenir comme eux ?

Il y eut un cri dans la nuit tandis que le chafer retirait son âme ensanglantée. Belomen tomba au sol avec un bruit mat sa vie s’écoulant doucement hors de lui en une flaque carmine. Les mains pressées contre son corps blessé il vit, impuissant, les trois créatures s’approcher de lui. Il comprenait, alors que la fin était imminente la portée de sa folie. Comment avait-il pu se leurrer à ce point ? Il eut un sourire ensanglanté... quelle ironie... lui qui s’était toujours pris pour un joueur... avait été bluffé par sa propre conscience, par son propre esprit. Fin de la partie.

Bah voyons... j’ai jamais vu excuse plus bidon pour une défaite...

Hein ?

Dans l’esprit du jeune eca se forma l’image d’un visage moqueur, son père.

Non mais franchement... tu me fais pitié pour le coup fils surtout quand il te reste encore des cartes à jouer... la partie n’est pas finie.

...tu n’es pas mon père.

Bah... si ça te console dans ta médiocrité écoute... remarque tu es assez grand pour perdre tout seul hum ?

...

Le chafer le plus proche, l’épée à la main, soulevant Belomen sans effort le plaqua contre le mur avec une rare violence. Geste de trop sans doute pour la vieille demeure, avec un craquement sinistre une poutre se détacha et vint percuter la créature.

- Un joueur de moins...

Ombre de lui même, le dos reposant toujours sur le mur, l’on aurait pu croire Belomen évanoui. Pourtant, et malgré l’obscurité, brillaient dans la nuit ses yeux de félin. L’instant de surprise ne dura que quelques secondes et un second chafer se précipita vers lui, souhaitant finir l’ouvrage de son prédécesseur. Belomen, sans doute à court de force, tomba à nouveau à genoux.

- Et bien mon fiiiiiils ta résistance n’aura pas été longue...

Horrible détail... au cou de la créature se trouvait le collier que Belomen avait offert à sa mère... il en eut un frisson et baissa la tête.

- Et c’est moii ta mère qui va te tuer mon chéri !

Elle se jeta sur lui, une lance à la main. Belomen bougea sa tête de quelques centimètres seulement et le métal vint mordre sa joue tandis que sa main droite, jetant des cartes tranchantes, venait abattre la monstruosité.

- Tu n’es pas mère saloperie.

Le ton était froid, terriblement dur.

- ... elle... elle ne se serait jamais fait avoir par un bluff si prévisible...

N’en restait plus qu’un, presque un chafer miniature. Mais la fatigue, à nouveau, reprenait le dessus sur le corps épuisé de l’ecaflip et l’illusion, une nouvelle fois, s’imposa à lui.

- Grand frère... Que... Que fais tu... ?

Elyonha semblait prise de panique tandis qu’au sol Belomen distinguait les corps meurtris de ses parents. Il avait le regard vide, sans énergie. Et pourtant, pas après pas, il s’avança jusqu’à elle. Une larme tomba au sol tandis que son épée plongeait vers elle.

- Je suis désolé Elyonha...

Tel un miroir brisé l’illusion vola en éclats tandis que le dernier chafer rejoignait, enfin, le sol.

- Partir... Je dois... partir...

Titubant, sa main crispée sur les murs pour avancer, Belomen commença à remonter la route du village. Partir d’ici oui... au moins quitter ces lieux. Effort inutile sans doute mais... devant lui une nouvelle apparition. Une nouvelle illusion sans doute...

- Luffy... toi non plus tu n’es pas réel...

Il tenta de la repousser de la main, bien incapable d’un autre mouvement et, ayant présumé de ses forces, s’effondra au sol à nouveau. Pourtant... il ne s’agissait pas, cette fois, d’un songe mais il était déjà trop tard pour Belomen, perdu dans les brumes de son inconscience. L’attrapant par sa chemise la créature jeta l’ecaflip sur sa selle et, dans la nuit d’Amakna, prit le chemin du retour.

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