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 Les Calanques sous l'Aube Lunaire

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Belomen
Matou Chanceux


Messages : 544
Date d'inscription : 06/06/2008
Age : 31
Localisation : Madrestam

Quelques informations...
Race: Ecaflip Aquatique
Guilde: Chevalier de Mystra
Cercle de Puissance:
180/200  (180/200)

MessageSujet: Les Calanques sous l'Aube Lunaire   Lun 24 Nov - 22:57

Le craquement de ses sandales sous la paille, le chapeau rabattu sur sa tête, Belomen humait l'air à la recherche d'improbables présences en cette heure tardive. La nuit, déjà, quelques heures plus tôt, avait abattu sur la campagne d'Amakna sa chape de plomb, d'obscurités latentes. Et, alors que le soleil avait depuis longtemps été remplacé dans les cieux par une lune ronde goguenarde, sur ce sentier rendu humide par l'embrun marin proche, l'ecaflip traînait un lourd fardeau. Deux, peut-être trois sacs de blé, importés par des marchands véreux depuis Pandala sans s'acquitter des habituelles taxes d'Allister, voila son paiement de la soirée. Une partie minime de la cargaison transportée... mais tant déjà. De quoi nourrir une vingtaine de personnes pour quelques jours. Il s’arrêta un instant, en sueur, allégeant quelques secondes seulement ses épaules du carcan céréalier, et, avec un soupir, reprit sa marche vers une cachette connue de lui seul.

Des jours, des semaines, des mois... chaque soir, chaque nuit, le même scénario, inlassablement. Comme une nécessité, une tâche implacable et sans cesse renouvelée... il prenait le chemin des calanques, prenant garde aux gardes d’Allister rôdant dans la campagne dépeuplé. Il n’avait jamais été un combattant, encore moins un enragé capable de se jeter les deux pieds en avant dans une bataille perdue d’avance. La nuit change les hommes... et dans la pénombre les hommes du despote révélaient finalement leurs natures de pourritures avides. De loin, déjà, il avait vu un de ses camarades d’infortune être attrapé, battu à mort et humilié. Pas de chance pour lui. Belo, lui, avait continué son chemin, depuis longtemps insensible au malheur d’autrui.

Le boulot était simple, le danger aussi... parvenir à faire passer, malgré les gardes, malgré la surveillance, des cargaisons depuis Pandala. Les grosses peluches de l’île lointaine semblaient, doucement, prendre le contrôle du commerce sur Amakna, une situation qui importait à l’ecaflip autant que sa vieille panoplie akwadala. Pour ne pas dire moins. Initialement le salaire devait être de kamas sonnants et trébuchants mais... cela ne l’arrangeait pas. Pas le moins du monde même. Et ses actions avaient un tout autre but, une toute autre motivation, que son seul enrichissement personnel. Il grimaça, le dos douloureux. Non, vraiment, il n’avait jamais eu l’étoffe d’un guerrier.

Pourtant, à ses côtés, la plus fidèle des compagnes siégeait, mortelle et silencieuse, prolongement désormais de sa personne usée. Reflétant parfois avec des accents funestes les rayons lunaires sa fausse griffe, par moment, dépassait de son manteau, révélant des menaces que la seule allure, frêle, de l’ecaflip était parvenue à masquer. Il lui arrivait parfois de s’en servir, parfois seulement, lorsque la journée venue il partait s’entraîner seul dans les tréfonds du labyrinthe du Minotoror. Quand, sous la lumière du jour, il vivait son officielle de vie. Pourtant... aussitôt les ténèbres apparues, enfin, l’ecaflip avait l’impression de revivre, de retourner véritablement à la vie, à sa vie.

A quand tout cela pouvait bien remonter ?

Bien longtemps sans nul doute... depuis le temps de la caravane en fait... depuis ce voyage, ce premier voyage où, revenant en ses terres... il avait retrouvé la trace des siens. Oh... pas de sa famille. Ses parents disparus... ne restait plus que sa soeur, ersatz sans âme de celle qu’elle avait pu être jadis, vivant dans un présent où il n’avait plus la moindre place.


- Oh Elyonah...

Mais les siens oui. Ces quelques pauvres bougres, miséreux et reclus dans les profondeurs du continent. Les ultimes vestiges de ce qu’avait été autrefois le clan de l’eau. Qui, aujourd’hui, se rappelait encore l’existence de ces ecaflips dont l’existence toute entière était vouée à l’élément marin ? Qui aujourd’hui se rappelait que cette race aujourd’hui tant pervertie avait gravé son nom dans le pentagramme des dieux en usant de sa chance légendaire ? La chance... comme l’eau, un élément changeant, imprévisible. Mais les ecaflips actuels n’étaient rien de plus que des...

Il se baissa, évitant comme un fil de rasoir, le tranchant d’une lame autre que la sienne. Sa main droite, libérant la lanière de se sacs, permit à Belomen de se dégager. D’un bond du félin il prit de la distance avant de se retourner. Ses iris brillant dans la noirceur de la nuit comme deux joyeux solitaires et enflammés tandis que sa main, avec une habitude apprise, venait se porter à la garde de sa propre lame. Face à lui, adversaire solitaire, un des gardes d’Allister. Fichue soirée. Jamais encore il n’avait eu à en affronter. Le silence fut bientôt volé par le sifflement de sa griffe, fendant l’air avec élégance avant de rencontrer l’adverse métal avec un bruit horrible.

Le combat se poursuivit, ballet habituel de coups, de parades et de feintes, jusqu’à parvenir, en une dernière opposition sur le devant de la falaise se jetant dans les eaux des calanques. Une fois encore les armes se rencontrèrent avec violence, faisant résonner la force du coup dans l’avant-bras du félin. Les deux bretteurs s’observaient, luttant en silence l’un et l’autre. C’est le garde, finalement, qui le premier prit la parole, avec un rictus dédaigneux.


- Encore un disciple de la terre... à te battre à coups de griffes le chat de gouttière...

Belomen eut un sourire.

- Pas vraiment non...

Et de sa main laissée libre, il jeta un bluff aux pieds de son adversaire, le déséquilibrant suffisamment pour le faire chuter dans l’ondée... une trentaine de mètres plus bas. L’ecaflip prit place quelques instants sur une pierre surplombant le vide, le regard encore un peu flou, l’esprit encore un peu fou. Non... il n’était pas un combattant... pourtant il avait fait le deuil de ses instincts pacifiques il y avait de cela des lustres. La réalité se chargeant souvent avec joie de vous faire comprendre que vos rêves ne sont que pures utopies stériles.

- ... Mouais...

Et, reprenant ses sacs et esprits, il reprit la route, un pas après l’autre, portant son précieux chargement sur son dos, s’enfonçant dans l’obscurité qui l’avait vu apparaître quelques minutes plus tôt.

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