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Kiryelle



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MessageSujet: Recherche...   Dim 25 Oct - 20:27

- Valà, ça devrait êt’ bon !

La petite Ecaflipette s’adossa contre le tronc de l’arbre sous lequel elle s’était assise quelques minutes auparavant. Elle regarda son parchemin, satisfaite. D’une main malhabile, elle y avait tracé quelques lignes, qu’elle relut afin de s’assurer qu’aucune faute n’avait échappé à son attention féline.

« Bonzour les Mystra,

Je suis une n’amie de Sheza, enfin pluto c’est une n’amie de Sheza qui s’ocupe de moi. Elle ma dis que vautre taverne serais mon nouvo ché moi en attandan que mon papa il revienne me chercher.
Alor je vous écrie pour vous demandé si vous l’avé pas vu.
Mon papa c’est un chat, comme moi. Il est gran, il est beau et il joue ‘achement bien au carte. Ya des gen il dise que sait pas mon papa passke moi j’ai les poils blancs, alors que lui il é tou noir. Mais moi je men fiche des gen, je sé que sé mon papa ! Avant on vivé à Bonta, mais ma maman elle est partie un jour se promener dans la foré avec mon tonton, et elle s’est perdute. Elle devait pas assé m’aimer, sinon elle serait revenute. Pis après, papa et moi on est parti de Bonta, et on s’est baladé partout ! Souvan on dormait dans la foré, et il me serré for dans ses bras pour pas que j’ai froid.
Pis la semaine dernière, on é allé se promené à Bonta, et il m’a ofer un lailait dans une taverne. Et les gens ils on commencer à ce bagarer et des messieurs en armure ils ont pris mon papa et ils sont partits. Moi j’suis resté cacher sous l’escalier, pis une madame toute verte elle ma demandé ce que je fesai là, pourquoi je pleurais, alors que je pleurais même pas ! Pis je suis partite avec la madame toute verte, et elle ma présenter une madame toute rose, même qu’elle ma donner du lailait passke j'an avai plu. Moi j'aime bien le lailait.
Alor si vous avé vu mon papa, disez-le moi, ou disez-lui que je suie ici. Il me manque, je veu qu’il vient me chercher. Parce que mon papa c’est le méyeur papa du monde, je l’aime graaaaaaaaaaaaaaaaaaand comme sa, et qan je serai grande je me marirai avec lui et je jourai au carte aussi bien que lui.

Bizou

Kirr Kyr Kiryelle »


- J’suis sûre avec ça on va l’retrouver mon papa, et il viendra me chercher et on recommencera à se balader partout, tout comme avant !

Kiryelle roula le parchemin, se leva et partit en courant en direction de Madrestam. Elle ne savait pas vraiment que sa destination portait ce nom, elle savait juste qu’elle devait se rendre à la mer. N’ayant connu du monde des Douze qu’Amakna et Bonta, elle ne risquait pas de se tromper de mer… Hors d’haleine, elle arriva enfin sur le quai où se trouvait la taverne de l’Ordre des Chevaliers de Mystra. Elle fut alors prise d’un doute. Plusieurs bâtisses portaient un blason. Lequel était le bon ?

- C’est celui qui est presque pas pareil…

Elle regarda son propre blason, rouge et blanc. Puis observa les autres. Son attention s’arrêta sur le noir et blanc.

- On va dire que c’est ici !

Elle se dirigea vers la porte en sautillant joyeusement, et la poussa.

- Coucou tout l’mon…

Contrairement à ses attentes, il n’y avait personne dans la taverne de l’Ordre. Affichant une moue dépitée, elle posa son parchemin sur une table et alla s’asseoir à même le sol, dans un coin, bien décidée à attendre que quelqu’un entre. Elle resta ainsi immobile quelques instants, puis sortit son jeu de cartes. Elle commença à les disposer devant elle, face cachée. A la vue du roi de pique, elle eut une nouvelle moue déçue. Elle réitéra ce petit rituel plusieurs fois, retournant systématiquement le roi de pique à la fin.

- Pfff… N’importe quoi… T’façons ze sais qu’il viendra…

Elle s’allongea sur le parquet et, baignée par les rayons du soleil, finit par s’endormir…
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Meawrh



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MessageSujet: Re: Recherche...   Mar 27 Oct - 2:34

On ne pouvait pas dire que l'ecaflip blanc était un habitué de la taverne. Sans être épris un épris de solitude, il se sentait rarement d'humeur à se mêler aux autres, et de fait préférais le plus souvent son panier à sa chambre dans les quartiers Mystra.
Quoi qu'il en soit ses pas l'avaient mené ce soir là sur les plages de Madrestam, poussé par une brise de nostalgie, il avait passé un long moment à regarder l'horizon. Myllyn aimait tellement cet endroit qu'il pouvait encore y sentir sa présence rassurante lorsqu'il fermait les yeux... Et il les avait fermé longtemps ce jour là.

Le soleil tombait derrière les montagnes lorsque le froid le tira hors de sa rêverie. Il secoua un peu le sable humide sur son pantalon avant de remonter doucement le long des quais.
Tandis qu'il revenait, son attention fut attirée par la blason de l'ordre bien en vue au dessus de la porte de la taverne. La gorge un peu desséchée par l'air salé, l'ecaflip poussa la porte dans l'espoir d'y trouver quelque chose pour soulager sa soif. Il poussa la porte, découvrant la sale vide de toute âme. Du moins au premier regard, puisque ses yeux se posèrent par la suite tour à tour sur la lettre, puis sur la petite ecaflipette roulée en boule sur le parquet.

Meawrh parcouru rapidement la prose malhabile de l'enfant, laissant un pâle sourire percer par moment sur ses lèvres, puis sa lecture achevée, il pris délicatement la fillette dans ses bras, et l'amena jusqu'à l'étage des chambres.
Même s'il n'utilisait la sienne que rarement, elle était néanmoins toujours bien tenue et en ordre. Il déposa l'ecaflipette dans le panier qui consistait l'essentiel du mobilier de la petite pièce et la recouvrit d'une couverture avant de redescendre en silence.

Il repensait à l'enfance de ses propres filles avec un sourire rêveur et attendris à la fois, sirotant un laitlait tout en relisant la lettre de Kiryelle.
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Sheza



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MessageSujet: Re: Recherche...   Ven 6 Nov - 13:29

Allongée, tête en bas, sur son lit dans les quartiers de l'Ordre. Sheza avait égaré son regard... planté dans ses créatures endormies, certaines blotties contre d'autres, d'autres préférant la solitude, sur un cousin, roulées en boule. Les mains posés sur son ventre et les jambes pliées, c'était sa position depuis quelques heures déjà.
Elle n'allait pas mal, elle n'avait jamais été aussi sereine. Ces derniers jours y étaient sans doute pour beaucoup.
Prunelle, une chachatte blanche qu'elle gardait s'étira félinement, puis s'approcha maladroitement de l'Osamodas, se frottant à son cou... ce qui pour le moins ramena la jeune femme à la réalité, qui s'empressa de prendre son amie dans les bras.


- Bien dormi ma belle... ? chuchota-t-elle.

Le miaulement de la chachatte fut suivit d'un sourire calme de la jeune femme. Elle avait eu sa réponse. Sheza reposa alors Prunelle sur son matelas et se releva péniblement.

- Fichu dos...

Idée reçue que les Enutrofs étaient les seuls attaqués par les bobos du dos, idée reçue. Bref, elle se releva et ouvrit doucement la porte. Il faisait jour, et aucun rayon ne l'avait habituée dans l'enceinte de sa chambre, tout était fermé. Elle posa alors une main sur ses yeux, en grognant. Elle s'avança vers les escaliers, les yeux plissés, et se pencha en avant. Kiryelle était là. Heureusement d'ailleurs, Sheza avait promit de s'en occuper tant que Kaltyra priait pour Sadida... dormait quoi.
Elle descendit et s'approcha de l'enfant, roulée en boule... Elle avait sans doute quitté la chambre où elle dormait. Et d'une main habile, Sheza retira le papier qu'elle tenait entre ses griffes.
Petit soupir.


- Je n'en ai pas encore vu ma grande... Toujours pas...

Elle s'en alla vers un tableau d'affiche et colla celle de Kiryelle, la mettant en relief. La petite avait besoin de son papa, après tout...

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Kiryelle



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MessageSujet: Re: Recherche...   Dim 10 Jan - 22:26

Elle marqua une pause et épousseta sa tenue, la débarrassant des dernières traces de farine, ultimes témoins d’une journée passée à l’atelier des boulangers, une de plus… Elle réajusta son chapeau Leufère, et, s’étant assurée d’être aussi présentable que possible, elle poussa la porte, qui s’ouvrit dans son grincement désormais habituel. Nul n’aurait osé verser la moindre goutte d’huile de Koode sur les gonds, de crainte d’ôter aux lieux une partie de leur âme.

Combien de temps s’était-il écoulé depuis la première fois qu’elle avait foulé ce sol ? Des semaines ? Des mois ? Kyrielle avait perdu toute notion du temps, si tant est qu’elle en ait jamais eu. Ses yeux s’habituant peu à peu au changement de luminosité, elle salua les personnes présentes – pas une seule tête connue –, accompagnant son geste d’un sourire radieux, et se dirigea d’un pas assuré vers le tableau d’affiches, au fond de la pièce, près de l’escalier. Au fur et à mesure que la distance qui la séparait du pan de mur se réduisait, son cœur s’accélérait, impatiente qu’elle était de lire les réponses que les Chevaliers lui auraient laissé et, peut-être même, retrouver la trace de son papa chéri. Lorsqu’elle arriva enfin devant le panneau, elle marqua une nouvelle pause et prit une profonde inspiration, tentant en vain de calmer la chamade qui avait envahi sa poitrine. Ses yeux, de la couleur du lapis-lazuli, brillaient des mille feux de l’empressement, du désir, de l’espoir de voir, enfin, sa solitude prendre fin, et retrouver sa vie d’avant.

Pendant de longs instants, elle chercha du regard son parchemin, qui n’était vraisemblablement pas (ou plus…) sur la couche supérieure des affiches apposées aux lattes de bois. Les mains tremblantes, elle farfouilla au milieu des missives, annonces publicitaires et autres parchemins plus ou moins récents, et finit par retrouver le sien. Pas un seul mot n’avait été écrit à la suite de sa lettre. Baissant la tête, la fillette eut une moue douloureusement triste. Ses yeux brillaient toujours, mais cette fois-ci, ils étaient emplis de larmes, qu’elle tâcha de retenir du mieux qu’elle pouvait. Ne jamais montrer sa faiblesse… Plus jamais… Elle lâcha le parchemin, qui tomba lentement en voletant, comme si faire durer sa propre chute retardait l’inéluctabilité de ce qu’il contenait ; Kyrielle était, officiellement, orpheline, et le reste du monde n’en avait cure. La prise de conscience de la terrible réalité du monde dans lequel elle vivait tomba sur elle comme un véritable couperet, mettant définitivement un terme à son enfance. La disciple d’Ecaflip quitta la taverne en courant et claqua la porte, ne laissant de son passage qu’un courant d’air, et des aventuriers qui sirotaient paisiblement une bière, en se demandant qui avait encore oublié de fermer la porte.

Kyrielle courut jusqu’à perdre haleine, les larmes brouillant sa vue, le sang lui battant les tempes, et sauta habilement de rocher en rocher jusqu’au vieux phare, dont elle atteint le sommet sans peine. Là, dans cette ultime alcôve entre terre et mer, elle se laissa lourdement tomber sur le sol et céda au chagrin qui l’assaillait, laissant aller son mal et ses cris à l’étreinte éphémère de la nuit.
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Atharaxya



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MessageSujet: Re: Recherche...   Ven 19 Fév - 21:45

- Mais qu’est-ce que c’est encore que ce boucan ? J’arrive même plus à m’entendre penser !

C’est ce qu’aurait pu beugler la silhouette qui, cuvant dans un coin, avait été réveillée en sursaut. Elle se contenta de se retourner en maugréant, révélant une partie d’elle même à la lumière vacillante des torches ; des cheveux hérissés sur une petite tête. C’était désormais certain, il eût été impossible qu’un tel disciple de Iop, dormant à même les pavés du port, baigné dans des relents de rhum de piètre qualité, puisse se plaindre de ne pas s’entendre penser. Il est rare de ne pas pouvoir entendre le silence…

A quelques pas de là, au bout de la jetée, se dessinait une autre silhouette dans la pénombre, faisant face à la mer. Elle se tenait immobile, se retenant presque de respirer. Puis elle bougea enfin, remontant la ligne de sa canne à pêche. Rien.

- Faut dire qu’avec le raffut qu’il y a ce soir, faudrait que je tombe sur des poissons sourds…

L’ombre marqua une nouvelle pause, tendant l’oreille, cherchant d’où pouvait provenir cette complainte déchirante qui troublait la quiétude, relative, habituelle du port. Le vieux phare. Dernier vestige de ce qu’avait pu être Madrestam en d’autres temps, seul amas de pierres à être resté debout malgré les années et les embruns. Enfin, debout serait un bien grand mot pour qualifier cet amas de pierres surgissant des flots, pierres sur lesquelles le lierre et les moumoules s’adonnaient à une lutte acharnée pour décider de qui aurait la mainmise sur le territoire. Le toit d’ardoises avait également vu s’envoler la moitié de lui-même, et des mouettes avaient élu domicile dans l’entrelacs de chevrons qui menaçait de s’écrouler à chaque seconde. Oui, le vieux phare n’avait plus de phare que le nom. Voilà bien longtemps qu’il ne guidait plus les marins égarés, que sa flamme s’était tue. Un nouveau feu follet brillait dans la nuit, veillant sur les abords de Madrestam dans une ronde sans fin. Les dirigeants du port avaient ordonné la construction, de l’autre côté de la baie, d’un nouveau phare, qui avait l’avantage sur son prédécesseur d’être mu par le nec plus ultra de la magie Amaknéenne, éclairant ainsi plus loin, s’allumant dès que l’astre du jour commençait à décliner, et s’éteignant dès les premiers rayons annonçant le retour de ce dernier. Les habitants du village de pêcheurs avaient accueilli la nouvelle bâtisse sans grand peine ; après tout, installer un phare « hôte-aux-mâts-tics ». était certainement la meilleure chose à faire ; le gardien du phare avait fini par, lui aussi, s’éteindre, et personne ne semblait vouloir prendre la suite.
D’ailleurs, peut-être étaient-ce les lamentations du vieil homme qui s’échappaient de ce qui avait été, pendant tant d’années, sa masure.
La silhouette rassembla ses affaires et se dirigea d’un pas assuré vers l’origine des cris. Que pouvait-elle rencontrer, dans le pire des cas ? L’ectoplasme d’un gardien de phare dont seuls les aïeux d’Amakna avaient, peut-être, encore un vague souvenir ? Comme le dit le vieil adage des fidèles de Iop : Mêm’ pas peur ! Elle sauta de rocher en rocher avec plus ou moins d’agilité, et posa enfin le pied sur l’îlot sur lequel reposait la bâtisse. Le bruit venait du sommet de cette dernière.


- Drôle de bruit pour une mouette…

Se décidant enfin à laisser son sac, sa canne à pêche et le fruit de sa journée de labeur sous la garde du chélonien qui l’accompagnait, elle entama l’ascension vers le toit, trouvant sur les pierres cavagnées autant de prises lui facilitant la tâche, ce dont elle n’aurait pas pensé à se plaindre ; l’escalade n’est pas la discipline que l’on favorise lorsqu’on vit au bord de la mer… Arrivée, enfin, au sommet de la tour, elle scruta l’obscurité, à la recherche d’un pantin possédé, d’une étoffe en lambeaux se mouvant seule, ou de quelconque objet qui pourrait être habité par l’âme d’un défunt. Son regard s’arrêta sur une forme blanche, roulée en boule dans un coin. Cette fourrure blanche, ce chapeau sur lequel étaient posées quelques cartes à jouer.. Elle les avait déjà vus, mais où… ? Un craquement du bois sous ses pieds trahit sa présence, et la forme se retourna brusquement, braquant sur elle ses yeux gonflés et rougis de larmes.

- Tiens, tiens, la petiote que Kalty a soi disant pris sous son aile… Je m’attendais pas à…
- J’m’appelle Kiryelle ! lança la disciple d’Ecaflip entre deux sanglots. Pis va-t’en ! Laiss’moi tranquille !
- Teuh teuh teuh… J’ai pas fait tout ce chemin pour me faire congédier comme ça. D’autant plus que t’as fait fuir tous les poissons pour plusieurs jours, alors faut bien que je m’occupe…

La petite avait déjà coupé le contact visuel, remontant les genoux sous son menton et enfouissant les yeux dans ses bras. Un instant, Atharaxya fut tentée de rebrousser chemin et de la laisser là, mais elle se ravisa et s’approcha lentement de l’Ecaflipette, qui avait recommencé à sangloter. Elle s’assit à côté d’elle et demeura silencieuse quelques secondes, tâchant de se remémorer ce qui avait amené la fillette jusqu’à Madrestam. En vain. Après tout, le plus simple serait sûrement de demander. La jeune femme tenta une approche plus ou moins habile.

- Alors, raconte-moi tout…
- Nan, t’es méchante ! Et pis t’façons, les autres aussi ils sont méchants ! La m’dame toute verte, la m’dame toute rose, les gens qui z’habitent dans la grande maison sur la place… Moi j’croyais qu’ils allaient m’aider à r’trouver mon papa, mais en fait, tout l’monde il s’en fiche… Et mon papa il va même pas savoir où v’nir m’chercher… Pis même si on lui a dit, il est pas v’nu… J’suis sûre il m’aime pu… J’ai pas été zentille, du coup il veut pu d’moi, comme ma maman… J’suis toute seuleeeeeeeee !!

Kiryelle, puisque tel étais son nom, avait réussi à prononcer sa tirade sans le moindre bégaiement, bien que son corps soit secoué de sanglots. Atharaxya aurait presque été tentée d’admirer la performance, si elle n’avait été interpellée par la situation actuelle ; pas celle de la fillette, mais la sienne. Alors qu’elle était, au début, sur la défensive, la disciple d’Ecaflip avait, en prononçant sa dernière phrase sauté au cou de la Sacrieuse, et pleurait maintenant dans le creux de son épaule, la tétanisant presque.

Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire… ? Je suis déjà pas capable de m’occuper de moi-même… En plus si j’ai bien compris, son père serait du côté de Bonta… Pas bon pour ma survie… Et après tout, je ne suis rien pour elle, je ne lui dois rien…
La fillette pleurnichait de plus belle, se serrant de toutes ses forces contre Atharaxya. Cette dernière, sans vraiment s’en rendre compte, referma son étreinte, et tâcha de consoler la petite, l’assurant que tout allait s’arranger. A moins qu’elle n’essaie de s’en assurer elle-même…
Plusieurs minutes passèrent ainsi, dans une atmosphère des plus étranges. Puis le silence de la nuit reprit peu à peu ses droits, Kiryelle s’étant petit à petit apaisée.


- Tu pourrais t’occuper d’moi, hein, dis ? Même si la dame toute verte elle a dit que t’étais méchante, au moins j’serais pas toute seule…

Elle avait relevé la tête et fixait la Sacrieuse de ses yeux de saphir brillants de larmes. Atharaxya fut, une nouvelle fois, tentée de détourner le regard et de s’enfuir à toutes jambes, mais elle esquissa un petit sourire.

- On verra. Pour le moment il est tard, tu devrais dormir. On s’occupera de ça demain.
- Mais j’suis pas fati… Un bâillement interrompit sa phrase, et elle se roula en boule contre la jeune femme. A peine quelques secondes s’écoulèrent avant que son souffle ne devienne régulier. Atharaxya eut un sourire triste.
- Les enfants ont bien de la chance de pouvoir s’endormir aussi vite, remettant leurs soucis au lendemain…

Elle dégrafa sa cape et en couvrit le petit corps. Son propre corps frissonna, acceptant mal un changement de température aussi brutal. Mais la jeune femme n’en avait cure. Elle se souciait désormais du sort de la petite joueuse de cartes, dont le chapeau Leufère était encore posé sur le sol. Atharaxya tendit le bras, le saisit et le posa nonchalamment sur sa propre tête. Etrangement, il était parfaitement à sa taille ; Kiryelle n’ayant pas une tête à la taille démesurée, c’était probablement le chapeau de son père, le fameux disciple d’Ecaflip dont personne n’avait la moindre nouvelle depuis quelques jours… semaines… Mois ? Ceci étant, les indices que la petite avait fournis pour le retrouver étaient plus que maigres : il fallait chercher un Ecaflip noir répondant au nom de « papa » et qui avait été embarqué par la Milice Bontarienne… Autant se lancer à la recherche d’un tofu vairon et borgne…
La Sacrieuse posa le regard sur la fillette endormie. Elle semblait à présent totalement apaisée, un sourire serein se dessinait sur ses lèvres.

- Moui, effectivement, on dirait bien que t’es toute seule maintenant… Enfin, tu le seras si je t’abandonne à mon tour… Elle poussa un soupir las. Faut toujours que ça tombe sur moi…

Elle demeura silencieuse de longues minutes, tournant et retournant le problème dans tous les sens, cherchant une solution qui puisse convenir à tout le monde, sinon à toutes les deux, ce qui serait déjà un bon début. Puis une idée lui vint soudain à l’esprit, comme une évidence. Ou du moins la possibilité qui lui semblait la plus réalisable dans l’immédiat et qui lui permettrait de, rapidement, se retrouver au coin d’un feu.
La jeune femme se leva, prit délicatement Kiryelle dans ses bras, et s’apprêtait à partir lorsqu’elle se rendit compte qu’il allait bien falloir descendre de leur tour d’ivoire, et ce sans réveiller la fillette qui, déjà, commençait à s’agiter dans son sommeil. Elle regarda autour d’elle ; seules deux issues s’offraient à elle : d’un côté, un escalier délabré que même un Piou aurait pu faire s’ébouler, de l’autre, une chute de plusieurs mètres, des rochers acérés en guise de filet.


- Humpf… Qu’est-ce qu’il faut pas faire pour les autres…

Atharaxya marmonna quelques mots dans une langue étrange, plaçant ainsi Kiryelle sous l’arcane dite de Sacrifice ; ainsi, même si d’aventure elle venait à prendre un mauvais coup, elle ne sentirait rien, la jeune femme percevant sa douleur à sa place. Puis elle prit une profonde inspiration et sauta. La chute fut plus courte, et moins douloureuse que prévue, à moins que ses membres engourdis par le froid ne soient plus tolérants à la douleur. Jetant à peine un regard au chélonien, qui l’attendait toujours entre les rochers, près de ses affaires, elle se mit en route, marchant d’un bon pas vers le Nord. Quelques dizaines de minutes après, elle franchit les fortifications du château d’Amakna. Elle éprouvait toujours une certaine nostalgie aimante lorsqu’elle parcourait les rues de la citadelle, et cette nuit-là ne dérogea pas à la règle, mais Atharaxya y prêta peu d’attention ; elle marcha en regardant droit devant elle, jusqu’à atteindre une place où se dressaient trois petites maisons. Elle poussa lentement la porte de l’une d’entre elles, découvrant une pièce vide. Elle déposa délicatement Kiryelle sur le sol dans un coin, la couvrant à nouveau de sa propre cape. Puis elle se dirigea vers une petite table sur laquelle s’amoncelaient tout un fatras de papiers, plumes, sucettes et autres flacons au contenu plus que douteux. Elle réussit à en extirper un parchemin, une plume et un petit flacon d’encre. Elle griffonna quelques mots :

Je vous présente Kiryelle. Cette petiote n’a plus personne, je vous la confie, je sais que vous saurez en prendre soin comme vous avez pris soin de moi.
Affectueusement,
Atha


Elle posa sa missive sur la table centrale et se dirigea sans bruit vers la porte. Au moment de franchir le seuil, elle eut un instant d’hésitation. Elle se retourna et balaya la pièce du regard. Les lieux étaient différents que ceux qu’elle avait connus, il y régnait pourtant une atmosphère familière. Dans leur errance, ses yeux se posèrent sur la cheminée, dans laquelle dansaient joyeusement des flammes orangées, leur repas tronknydien émettant des crépitements enjoués. Son besoin de chaleur se réveilla soudain, et elle fut presque irrésistiblement attirée vers l’âtre. Presque… Elle finit par avoir un regard pour Kiryelle, qui dormait toujours à poings fermés.

- J’espère juste que tu n’as pas le mal de l’air…

Un dernier sourire triste se dessina sur ses lèvres, et elle repartit dans la nuit devenue glaciale.

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"Plutôt cent morsures, plutôt le fouet, le vitriol, que cette souffrance de tête, ce fantôme de souffrance, qui frôle, qui caresse et qui ne fait jamais assez mal"
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