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 Où souffle le vent du changement [RP Privé]

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Belomen
Matou Chanceux


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MessageSujet: Où souffle le vent du changement [RP Privé]   Ven 18 Déc - 1:20

- Il fait un peu froid tout de même...

Levant les yeux vers le ciel dégagé de tout nuage de ce début de mois de Novamaire, l'ecaflip eut un frisson, rabattant sur lui même le tissu usé de sa cape souveraine que la route avait recouverte d'une fine couche de poussière il souffla dans le creux de ses mains, y faisant naître un peu de chaleur. Physique, chaleur physique... depuis quelques temps déjà son esprit avait retrouvé équilibre et... une nouvelle source bien étrange de confort. Cette pensée lui arracha un sourire tandis que réajustant son Solomonk pour contrer une nouvelle bourrasque ensablée il força le pas vers son objectif. Il la devinait déjà, non loin, à quelques centaines de mètres tout au plus. Recouverte par une végétation qui avait du être en été luxuriante lors de la période estivale, une vieille caravane sur laquelle l'observateur attentif aurait, peut-être, encore pu déceler un blason blanc et azur. Ultime trace matériel de la compagnie devenue presque légendaire de la Caravane du Silence.

- Cela faisait longtemps que je n'avais pas mis les pieds ici, il se gratta doucement le dessus de la tête, presque hésitant, … vraiment longtemps...

Quelques souvenirs, son premier amour, disparu comme tout le reste dans le maelström du temps, puis Khaalya, bien sur. L'ecaflipette, elle aussi, avait disparu. Pourtant Belomen avait fait le deuil, difficile mais nécessaire, de ce passé perdu. Parfois, parfois seulement, la bribe d'un souvenir, d'une caresse oubliée, d'un mot doux porté au vent venait à la frontière de son esprit lui rappeler les bons moments passés, faisant naître sur son visage félin un sourire nostalgique. Mais là, la tristesse n'avait plus sa place, le présent, si différent soit-il, si chargé en incertitudes et mystères, si plein de doutes et d'interrogations, n'en était pas moins séduisant et empli de promesses d'avenir. Une nouvelle bouffée de chaleur, venant d'un ailleurs inconnu, vint le remplir sans qu'il s'y attende. Nouveau frisson, de plaisir cette fois. Non. Le passé, vraiment, ne lui faisait plus peur.

Sa patte se porta sur la porte en hêtre dont le temps et la pluie avaient effacé la peinture, effleurant les fines sculptures de bois, dentelle légère, qu'il avait trouvé si fascinantes jadis. La porte de la caravane des Minotoris, la porte de la caravane de Khaalya, son ancien chez lui. Combien d'années s'étaient passées depuis... Il poussa un peu plus, fermée. Belomen eut un petit rire.


- Évidemment, il chercha dans sa poche la petite clef de cuivre qu'il avait tant peiné à retrouver plus tôt dans la journée et, avec maladresse, la fit même tomber au sol, … même si je préfère qu'il en soit ainsi.

Oui, le temps n'altère en rien la convoitise des gens... et l'ecaflip au pelage blanc trouvait déjà merveilleux, presque miraculeux, que nul n'ait jusqu'à ce jour pensé à forcer la porte de la caravane endormie pour en piller le contenu. La clef tourna lentement dans la serrure que la rouille avait recouverte, ouvrant un passage vers le passé. Avec une inspiration lente mais profonde l'ecaflip poussa la porte et toussa aussitôt, la poussière, plus encore que les souvenirs, semblait s'être appropriée les lieux. Puis son odorat, un peu trop fin sans doute, s'habitua à l'air des lieux, Belomen cru même sentir dans l'air, jeux de son esprit sans nul doute, les restes du parfum délicat d'autrefois et, une fois encore, cela lui arracha un sourire.

Pourquoi était-il revenu en ces lieux ? A l'époque, exaltation d'une jeunesse portée par les armes et le goût, sans cesse plus fort, de l'aventure, il avait parcouru le monde en compagnie de ses compagnons, goûtant aux joies du danger et de l'amour à travers des contrées encore inconnues, trouvant en chaque rencontre une nouvelle source de bonheur et de satisfaction dans cette quête si propre à l'utopiste de l'éternité, de l'absolu en tout et pour tout. C'était l'époque des Mystères, des défis à relever, toujours plus grands, toujours trop grands même pour eux... mais toujours moindres que l'ambition dévorante qui était leur alors. De ce temps quelque part révolu et que la maudite sagesse des ans avait su faire taire, Belomen avait gardé le goût des secrets irrésolus. Ainsi qu'une fâcheuse et parfois incompréhensible tendance à la solitude. Malgré son âge encore jeune il avait quelque part en lui ce goût pour le retirement qu'ont les vieux vétérans dont les compagnons d'armes sont tombés.


- Et pourtant..., rien que pensait à cela aujourd'hui lui parut empreint d'une ironie sans nom, … la solitude... est une habitude que l'on perd si vite...

Il ne l'était plus, quelque soit sa volonté du moment, quelque soit la volonté de fermer aux autres son visage pour rester impassible. D'autres portes avaient été ouvertes récemment qui ne pouvaient plus vraiment être refermées. Un présent qu'il avait fait, dangereux, peut-être trop dangereux, mais qu'il ne parvenait pas vraiment à regretter, pas du tout même. Oui, l'on se passe facilement des gens... mais l'on se passe plus aisément encore de la solitude. Et s'il était revenu en ces lieux c'est que l'envie de retrouver ses passions oubliées d'antan le taraudait un peu plus chaque jour, un objet notamment, acheté à un marchand itinérant aux abords de Sufokia, une antiquité dérobée aux ruines de la cité aquatique, un cadeau offert par Khaalya à celui qui n'était, alors, que son apprenti au sein de la caravane des Minotoris, et qu'il voulait retrouver par dessus tout. Le dernier souvenir qu'il avait de lui remontant à une soirée, cette pensée lui arracha quelques rougeurs, mémorable... dans cette même caravane.

L'ecaflip ouvrit une armoire proche, déplaçant quelques vieux documents, quelques cartons, une vieille dague sans doute cachée là par une maîtresse des lieux trop prudente – encore un sourire – et, enfin, comme il l'avait espéré, cet étui de cuir noir. Soufflant dessus pour en chasser la poussière, il fit apparaître du passé cette inscription étrange gravée à même le cuir et qui l'avait toujours fasciné :

L'Lave Dela Ciu Dadel Ag'Uay Del'Tiem Po

Une langue inconnue, une calligraphie étrange empruntée à l'ailleurs, à l'inconnu. Une phrase aux accents musicaux et, à l'intérieur du boîtier, il l'ouvrit délicatement, un violon en bois chaud, un archer noir posé à ses côtés. Semblant attendre tous deux que l'on joue d'eux une étrange mélopée, tirée sans doute de cette partition, pliée et coincée sous l'instrument dont le devinait difficilement la présence. D'aussi loin que remonte sa douteuse mémoire Belomen avait toujours entendu ses parents jouer d'un instrument, la fête, la musique, autant de choses si profondément présentes dans la famille Carls qu'il lui avait été impossible d'y échapper. Le temps, les tragédies avaient fait oublier à l'ecaflip cette facette de son être... avant que Khaalya, au fil de leurs conversations nocturnes, ne finissent par déterrer cette facette.

Elle lui avait alors offert cet instrument, précieux cadeau, à l'aube de la soirée où elle lui avait annoncé son départ de ces terres. Non pas un souvenir d'elle mais... une consolation avait-elle dit en attendant son retour. Ce dernier n'était pas venu. L'ecaflip secoua la tête doucement, chassant cette triste pensée, reportant son attention sur l'instrument. Un jouet bien étrange d'ailleurs... aux notes discordantes pour peu qu'on s'attache à suivre les règles normales de la musique. Pourtant il avait essayé, de longues heures durant, tentant tant de comprendre son étrange fonctionnement, tentant de lire cette partition sans queue ni tête. Puis, le temps passant, cette curiosité musicale s'était lentement éloignée de ses préoccupations et intérêts jusqu'à ce que, dernièrement, elle lui revienne à l'esprit, avec une netteté surprenante. La raison en était pourtant simple, cette présence, nouvelle, qui s'agitait en lui, au cœur de son âme, cet échange perpétuel et mouvant de flux d'énergie, de sensations, ressentis, sentiments... lui avait offert une sensibilité inédite. Comme si l'alchimie interne de deux esprits avait accru en lui quelques capacités nouvelles.


- Voyons voyons..., il prit la partition et la déplia soigneusement pour ne pas en déchirer le fin papier, … je n'y comprends... toujours... rien...

Il eut un soupir quelque peu résigné et la déposa sur une table qu'on aurait pu croire recouverte de suie tant la poussière en avait son domaine. Le regard de l'ecaflip se plongea dans les portées aux notes absurdes, sans la moindre suite logique, s'y perdant tandis que ses pattes jouaient avec l'archer sans même y réfléchir. Les notes se mélangèrent dans son esprit, se libérant de l'entrave, du carcan des portées pour vaguer dans son esprit, se mélangeant allègrement avec ses pensées. S'était-il endormi ? Ou rêvait-il seulement ? Lui même n'aurait pu le dire tant le voyage de sa conscience au sein de cet univers musical décalé semblait à la fois réel et fantasmagorique. Soudainement il reprit contact avec la réalité, le souffle court, un mince filet de sueur lui coulant le long de l'échine comme un avertissement à ne pas reproduire l'expérience.

- Mais quelle expérience... , il se passa la patte sur le visage, appuyant bien chacun de ses doigts contre sa peau pour en chasser les vestiges de brume, … qu'est ce qui a bien pu... se passer...

Les derniers mots étaient passés difficilement, c'était la première fois, malgré les heures passées à essayer de comprendre le fonctionnement de l'instrument, qu'une pareille chose se produisait. L'ecaflip déglutit doucement, son esprit cherchant à le convaincre de repousser l'archer, le violon... et cette partition disgracieuse qui hantait son regard, tandis que ses yeux, comme attirés par une force malsaine, le poussaient, à nouveau un peu plus à se pencher, encore, toujours, dans cette lecture incompréhensible. La tornade des portées, vague impérieuse formulée par son esprit, le percuta à nouveau, le projetant à nouveau, lui et sa conscience vacillante dans cette vaine quête de sens. Son corps, soudainement empli d'une nostalgie incompréhensible fut soudain pris de frissons tandis qu'abondantes larmes venaient perler à ses yeux avant de tomber de ses joues en un flot interrompu. Ses mains, indépendantes de sa volonté, se portèrent jusqu'à l'archer, coinçant le violon dans le creux de son épaule il commença à redessiner de son esprit de bien différentes portées que celles tracées sur le papier, lignes et courbes se mélangeant.

La musique, affreuse et hésitante, comme si le corps de l'ecaflip rechignait à la jouer, s'élança pourtant dans l'air vicié de la caravane, faisant trembler les vitres sous ses accords grinçants. L'atmosphère de la caravane changea, se chargeant d'une humidité tirée du néant. Sa perception déjà relative des lieux commença à s'estomper, les contours de chaque objet devenant flous, ses yeux se perdant vers un ailleurs inconnu et familier à la fois. Sa bouche même se chargea d'humidité marine, le goût du sel lui venant aux papilles, il toussa, clignant des yeux, sentant son corps être attiré par la porte ouverte par son seul esprit. Puis ce fut la lumière, intense, blessante, du jour.


- … !

Il fallut quelques instants à Belomen pour réaliser que l'illusion s'était dissipée, qu'il était pleinement de retour dans cette caravane usée par le temps. Quelques minutes de plus encore pour voir que la porte en était à nouveau ouverte... Quelques secondes encore pour distinguer une silhouette au cœur de l'aveuglante lumière du jour. Il cligna des yeux, hébété par la personne qu'il reconnaissait désormais dans l'encadrement de la porte.

- Que... Que fais tu là ?

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Sheza



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MessageSujet: Re: Où souffle le vent du changement [RP Privé]   Ven 18 Déc - 1:50

A trop abuser d’une chose, on finit par la perdre. Et parfois, c’est l’éternité qui l’emportera. Les maux de tête, les douleurs au cœur se faisaient de plus en plus présents chez elle. Elle qui, après toutes ces années noires, avait décidé d’oublier et de tourner la page, de saisir son bonheur et d’aller de l’avant, et ce, à n’importe quel prix.

Et pourtant, devant elle la plus atroce des douleurs, de dégoût, de preuve d’égoïsme, se trouvait. Elle n’était, et n’allait jamais être un objet. Sa liberté si nouvelle n’allait pas être tâchée en un jet d'encre. Non.

Rien n’allait plus. Ce jour-là, elle était absente, son esprit était absorbé par une source qui la tentait terriblement : le Calme. Et c’est, totalement hypnotisée, qu’elle s’en alla, à sa poursuite, lente. Cela semblait durer des heures, elle n’en était aucunement consciente, et de toute façon, elle ne voulait plus du tout être consciente en ces terres.

Son instinct, décidément, avait de drôles d'envies, et c'est alors que, devant elle se dressait une sorte de Caravane presque détruite, protégée par des plantes, gardée jalousement. Les effets et traces du temps, des événements, c’était donc cela ? S’en approchant, elle posa une de ses mains dessus, et en marchant, laissant sa peau découvrir et frôler ce passé. Et à l’entrée, en la contournant, elle s’arrêta, les sens en alerte, les oreilles agitées.

Quelqu’un était venu là avant elle… Elle sortit ses canines et vit ses poings se serrer. La meilleure chose à faire dans ce cas aurait été de réfléchir calmement, et ses muscles finirent par se détendre. Et elle put comprendre qu’il n’y avait rien à craindre. Les nerfs à vif n'arrangeaient en rien son présent, ni même son futur.

Elle l'avait compris, l'âme partagée était là, ça n'était aucunement sa présence qui l'avait mise dans ces états, juste le partage de tels sentiments, qui, à la longue, devenaient insupportables.

La jeune femme resta, par respect, devant la porte. Elle se laissa aller et se retrouva recroquevillée, son cœur et son regard perdus, pendant qu'elle écoutait, attentivement, la complainte d'une autre âme. Xélor ne semblait plus exister, d’ailleurs, elle s’en serait bien passée. Mais il l’avait rattrapée. Tôt ou tard, on l’aurait démasquée.


- Que... Que fais tu là ?

Ne prenant même pas la peine de se retourner, elle commença à réciter, vide de toute trace d'émotions, un long récit de ressentis.

- Ce que je fais là ? Je me repose, parce que j’ai soif... soif d'une paix intérieure que j'ai égaré.

Silence.

- Je n’en peux plus de les voir se chamailler comme des gamins, je ne veux plus assister à leurs discussions, je vais rester en retrait, le temps que ça se calme. Le temps qu’ils comprennent que ça ne va plus…

Elle eut un petit rire nerveux.

- Je risque d’y perdre la raison… Je ne veux plus de tout ça. Et puis…

Ne trouvant de suite, elle finit par reposer sa tête sur ses genoux, et reprit son souffle. Qu’allait-elle faire maintenant qu’elle pensait à fermer ses quartiers et se retirer de l’ambiance quelques jours ? Errer ? Dormir à la belle étoile et se priver de quelques belles têtes de l’Ordre ? Comment peut-on en arriver là ?

Quand aurait-elle enfin droit à ce qu’elle avait tant chéri ?

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Belomen
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MessageSujet: Re: Où souffle le vent du changement [RP Privé]   Ven 18 Déc - 15:15

- Je risque d’y perdre la raison… Je ne veux plus de tout ça. Et puis…

Belomen eut un soupir las, lui même devait bien avouer être lassé de cette ruche vivante gravitant sans cesse autour de son amie. Il la voyait dépérir un peu plus chaque jour, usée, traquée par ce déchaînement aussi absurde que pathétique de sentiments, et ce dans l'indifférence générale. Comment peut-on seulement affirmer aimer quand le moindre de nos actes a comme conséquence de rendre invivable, infernale, la vie de l'être aimé ? L'ecaflip reposa le violon sur la petite table et, faisant quelques pas, posa son chapeau Leufère sur la tête de la jeune femme.

- C'est amusant que tu te retrouves ici, il s'installa à côté d'elle, assis à son tour, sans faire peser sur elle son regard, je ne sais pas si mon passé est un endroit particulièrement apte pour te rendre cette quiétude que tu as perdu...

Il jeta un coup d'œil derrière lui, savourant encore quelques brèves secondes la douce empreinte de nostalgie qui flottait dans les lieux.

- Tu sais Shez'..., l'idée venait de le frapper comme une évidence, … je crois pour ma part que je vais quitter un moment au moins les quartiers de l'Ordre moi aussi...

L'ecaflip à la fourrure blanche se releva, caressant les yeux clos les flancs endormis de la caravane, il imaginait à nouveau la vie qui l'animait autrefois, la douceur vive des lieux, les discussions à la belle saison venue devant un feu de camp à quelques mètres de la porte. Ces nuits si agréables bercées dans ce parfum de cèdre. Un sourire flotta sur les lèvres du félin, il ne remarqua pas que Sheza, redressant le chapeau déposé sur sa tête, le regardait, attentive... ou perplexe.

- … en fait je crois, il eut un petit rire tant la chose lui paraissait aussi folle qu'évidente, … que... je vais m'installer ici...

Cette fois il croisa le regard de la jeune femme, il en eut un sourire gêné et se passa la main sur la nuque avec un petit rire.

- Oui... je sais que ce n'est pas très habitable mais..., il leva les yeux au ciel avec une innocence non feinte, … peut-être qu'avec le temps je pourrais réhabiliter un peu les lieux... leur rendre un peu de vie tu comprends ?

Il pencha la tête de côté et, comme pour chasser un malaise, tira la langue brièvement.

- Regarde !

Belomen se dirigea vers une armoire proche, là où autrefois étaient entreposées les candidatures à la caravane des Minotoris, et en sortir une feuille jaunie par le temps, une plume et un pot d'encre recouvert de poussière. Forçant légèrement il parvint à l'ouvrir et, trempant juste la pointe, traça un schéma rapide des lieux pour détailler son propos.

- La caravane des Minotoris est composée de deux caravanes distinctes, il désigna le fond de celle où ils se trouvaient, indiquant de la patte une porte, liées entre elles par un tunnel de lianes tressées. Celle où nous nous trouvons...

Il tapota d'une griffe sur un rectangle qu'il avait tracé.

- … est celle qui a le moins souffert... non, qui n'a pas souffert du tout en fait, de l'attaque des craqueleurs des plaines il y a de cela quelques années... elle est donc habitable...

Sheza éternua, sans doute par la faute de la poussière ambiante. Étrangement cela fit s'empourprer les joues de l'ecaflip.

- Oui je... enfin... sale d'accord... mais habitable. Et je préfère avoir à passer le plumeau qu'avoir à refaire la charpente d'un toit !, nouveau rire de sa part, même si...

Il se tourna vers elle, avec un regard pétillant.

- Ce dont j'ai vraiment envie tu vois... c'est de retaper la caravane toute entière.

Belomen sauta sur ses pattes à nouveau, agrippant le coin de la porte il se jeta en avant, et, par un mouvement de balancier, disparu sur le toit. Une seconde plus tard sa tête réapparue et il tendit la patte à l'osamodette.

- Allez ! Viens va voir ! Tu vas comprendre pourquoi je dis cela tu verras !, il tendit un peu plus la patte, l'invitant par ce geste à la saisir, Allez Shez' !

Elle accepta finalement, recueillant au passage un sourire ravi de son frère d'âme. Il la hissa sans trop d'efforts à ses côtés sur le toit et, ouvrant les bras vers l'horizon, lui montra les larges et vierges étendues des plaines de Cania.

- Regarde !

Il ferma les yeux, tournant sur lui même, appréciant de sentir le vent caresser son visage, jusqu'à risquer de tomber, ne rétablissant son équilibre qu'au dernier moment en un rire presque enfantin.

- Imagine... rouler comme avant au milieu de ce paradis vide, caravane perpétuelle et silencieuse, seulement bercée par les cahots de la route..., il eut un soupir, c'est un peu une part de paradis que je retrouve ici...

Soudain comme épuisé par son exposé, souriant mais vidé, il se laissa tomber sur le dos sur le toit désormais recouvert par une fine couche de mousse verte, fixant le ciel avec obstination.

- … une part de paradis... une part de liberté...

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MessageSujet: Re: Où souffle le vent du changement [RP Privé]   Ven 18 Déc - 16:24

- … une part de paradis... une part de liberté...

Elle ne pouvait empêcher un sourire, qu’importait son état, il l’avait fait. Une rafale vint lui chatouiller le visage, ce qui l’entraîna à mettre son bras devant elle, plissant les yeux.

Soudain, elle éprouva le besoin de le dire, ce qu’elle fit, sans néanmoins pouvoir comprendre comment.


- C’est beau…

Sheza sentit alors son corps bouillonner, gênée pour le coup. Devant le silence, elle essaya de s’accrocher au fil tendu, histoire de se justifier.

- Je parlais de… enfin, d’ici, c’est… disons… calme et…

Il n’était pas nécessaire qu’elle continue, à quoi bon, son actuelle incapacité à cacher certaines choses était le prix à payer pour.

- Enfin bon, je parle… Tu sais déjà ce qu’il en est.

Se retournant, elle jeta un regard à la mine de l’Ecaflip, ce qui lui décrocha un sourire attendri. Le vent semblait parler, les feuilles l’accompagnant dans une sorte de mélodie parfaite. Elle releva la tête vers le ciel, dégagé par endroits, mais où, quelques nuages venaient masquer la couleur initiale, donnant naissance à certaines formes que seule l’innocence des enfants arrivait à déchiffrer. Elle fit alors quelques pas en avant et prit place à côté de lui.

- Pourquoi tu… tu veux te retirer des quartiers ?

A la fin de sa question, elle s’allongea contre le toit, aspirée par l’ambiance environnante. Cela lui rappelait étrangement ces plaines, au loin, dans un endroit secret, que personne ne connaissait au sein du monde des Treize ; ces mêmes terres où, elle avait des fois, du mal à se retrouver, mais gardait tout de même le sourire, un petit sourire amusé, ou enchanté… à chaque fois qu’elle touchait une parcelle de cet être et en découvrait la signification.

Ces mêmes murmures étaient présents, autour d’elle, chose qu’elle n’arrivait pas à tenir entre ses mains, encore moins parvenait-elle à toucher, mais qu’elle savait présente. Qu’importait qu’elle n’arrive pas à la prendre jalousement dans ses bras, du moment qu’elle l’apaisait. Surtout que la jeune femme était la première à défendre la liberté de chaque particule appartenant à ce monde. Certes, personne ne pouvait en profiter comme le vent, mais tout le monde est à sa recherche. Nécessaire.


- Je ne sais pas encore où mes pas vont me guider, et tu sais, pour être franche, je ne savais même pas où j’allais, en venant ici… J’ai du mal à prendre conscience de ma réalité.

Il ne répondait pas, de toute façon, cela n’avait pas d’importance du moment qu’il savait et partageait ce qu’ils portaient à l’intérieur.

- Comment tu vas t’y prendre ?

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Dernière édition par Sheza le Sam 27 Fév - 3:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Où souffle le vent du changement [RP Privé]   Jeu 7 Jan - 0:45

- Comment je vais m'y prendre...

La question méritait en effet d'être posée. Doux rêveur, utopiste sans doute, le félin avait une fâcheuse et maladive tendance à se perdre dans ses rêves, inventant mille fins possibles dans ses songes... et se retrouvant après quelques heures de douces rêveries face à une réalité un peu moins conciliante. Il regarda autour de lui, tentant de rassembler ses illusions en un projet un peu plus construit.

- C'est que..., son esprit imaginait à toute vitesse des travaux possibles, visualisait les efforts qu'il faudrait accomplir, la somme incroyable d'heures, de journées d'effort, … je n'en ai aucune réelle idée...

C'était comme si le vent soudain était devenu plus froid, l'ecaflip se tassa un peu sur lui même, désormais assis, les oreilles aplatis en arrière. A l'horizon, barrière sombre avançant lentement au gré du souffle d'Eol, une ligne de nuage colériques, prémisse certain à une violente averse. Belomen se secoua doucement et, se relevant doucement, regarda l'orage approchant, silencieux.

- Shez', il avait froncé doucement les sourcils, je crois qu'il serait plus sage de poursuivre cette conversation à l'intérieur...

Une nouvelle bourrasque, sifflante, vint balayer les plaines en une caresse aérienne qui fit plier la végétation sous son souffle offrant un frisson même aux kanigrous. La nature allait offrir une ondée aussi rafraichissante que violente à la terre de Cania. Astrub était terre trop lointaine, Bonta n'était pas pour l'ecaflip un asile des plus conviviaux, Brakmar... Il secoua la tête. Et il était hors de question de se rendre en Madrestam, en un endroit que la jeune femme fuyait apparemment. Tout comme lui d'ailleurs.

- Sheza ?, il lui tendit la patte, la conviant à rejoindre avec lui le sol puis l'abri de fortune de la caravane, tu me suis ?

Un sourire indulgent, elle se releva, posant doucement sa main fine dans sa patte . Belomen eut un petit rire, et, l'attirant à lui, la souleva dans ses bras.

- Désolé petite demoiselle, il jeta un regard vers le sol jaugeant la distance, mais il sera plus simple et surtout moins long de faire ainsi...

Prenant une légère inspiration il sauta au sol, se réceptionnant en bon félin sans dommage, et, clignant des yeux regarda Sheza, visiblement surpris. Ses joues légèrement empourprées, non pas par l'effort mais par la simple prise de conscience que...

- Légère toi..., il eut un sourire gêné, non que j'en doutais bien sur... mais à ce point... Enfin bon, il eut un petit rire, fin du voyage on descend madame la mariée.

Il la laissa descendre de ses bras, un peu pataud malgré tout. Plus loin dans la plaine, grondement sourd mais lointain, du moins pour le moment, la pluie fine dans un premier temps a mouillé toutes choses, très doucement et en silence... avant qu'en un déluge ahurissant fait d'une infinité de chutes de gouttes solitaires, un torrent vienne abreuver la plaine assoiffée. Belomen laissa son regard flotter quelques instants, un sourire pensif aux lèvres.

- Pourquoi quitter mes quartiers..., il regarda avec une tendresse déroutante la caravane derrière lui, … je suis heureux pour Agulha de la pleine et magnifique réussite de sa taverne mais...

Il fit quelques pas, dépassant Sheza, caressant de sa patte tendue les flancs de l'antique roulotte comme on le ferait de la peau d'une amante. S'arrêtant près de la porte restée ouvert il se tourna vers la jeune femme arborant sur son visage un sourire las.

- Je ne suis pas un félin des plus sociables, petit rire étrangement nerveux, et... j'ai besoin parfois de... quiétude. De calme, de silence... de tranquillité.

L'ecaflip secoua la tête, mettant une patte sur la marche menant à l'intérieur.

- Et... ce n'est pas là bas... dans la foule et l'agitation... que je pourrais les trouver... Aussi...

Il jeta au ciel un coup d'œil aux cieux de plus en plus menaçants.

- C'est une question de choix... comme celui qui t'attend désormais..., il pointa doucement le ciel d'un doigt avec un regard malicieux, Mademoiselle accepterait-elle l'hospitalité d'un des derniers caravaniers du Silence encore en vie en leur antique demeure... ou préfère-t-elle affronter l'ondée jusqu'à la cité la plus proche ?

Sans attendre sa réponse il entra. Sa première préoccupation fut de regarder le toit de cette partie de la caravane. Il avait pu constater quelques minutes plus tôt, lorsqu'ils s'étaient tous deux installés sur le toit, que ce denier n'avait pas subi de dommages autres que ceux du temps s'étant écoulé. Quand à l'intérieur... à cette idée l'ecaflip ne pu retenir un petit rire.

- Moi qui suis féru d'antiquités de toutes sortes... on se croirait dans une véritable exposition..., il plissa le nez un moment manquant d'éternuer, vraiment... il ne manquait en effet plus qu'un bon vieux félin pour compléter le tableau ?

Une voix familière derrière lui.

- Pour compléter quel tableau ?

L'ecaflip se retourna vers l'entrée qu'il venait de quitter et eut une petite révérence.

- Bienvenue en mon humble ancienne et désormais future demeure mademoiselle... à qui ais-je le plaisir de parler ?

Continuant son petit jeu il désigna un vieux fauteuil poussiéreux.

- Mais je manque à tous mes devoirs... si vous voulez bien prendre place entre deux tas fort reluisants de poussières... ce serait un rare plaisir que de vous héberger chez moi pour le temps de cette intempérie impromptue...

Les premières gouttes vinrent teinter sur le toit de la caravane au même moment avec une moue Belomen désigna la porte d'un bref signe de tête.

- Désolé pour l'atmosphère un peu viciée mais... cela te dérange si je ferme la porte ?

Poussière et humidité n'ont jamais fait bon ménage.

- D'ailleurs..., il eut un petit rire, ce n'était pas toi la petite osamodette rose qui avait fait le ménage en arrivant dans l'Ordre ?, son regard était malicieux à l'extrême, ici tu aurais plus de travail encore !

Il lui tira la langue, cette fois l'averse était vraiment au dessus d'eux, un bruit de fond doux mais lancinant.

- Las... je n'ai pas de guilde à te proposer..., il prit un air proprement désespéré, ... tu m'en vois désolé...

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Sheza



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MessageSujet: Re: Où souffle le vent du changement [RP Privé]   Ven 8 Jan - 22:56

Laissant son esprit vagabonder, écoutant chaque parcelle de l’endroit, concentrée à l’extrême ; elle n’avait pour autant pas mis en quarantaine l’Ecaflip dans la pièce… Elle lui répondait : sourires, regards, rires, hochements de tête. Malgré le calme et silence dont elle faisait preuve, elle était là, ou du moins, elle essayait de le prouver, étant elle-même convaincue de la chose.

Elle s’exécuta d’ailleurs en lui laissant la liberté de fermer la porte. Quand il se retourna, l’interrogeant du regard, elle sentit la gêne l’envahir et se regrouper en deux points, deux petits points sur son visage : ses joues.


- Oh je… Oui, euh… Je vais… rester ici.

La jeune femme rougit encore plus lorsqu’elle le vit avec un sourire malicieux.

- Oh et… Le… le ménage oui… Elle prit un air pensif, puis reprit d’un ton tout aussi malicieux, désirant elle aussi se joindre au jeu, je veux bien oui… mais cela se négocie très cher…

Sheza balaya encore une fois les lieux des yeux.

- C’est grand mais… je pense pouvoir y arriver… et… et puis… pour le blason, elle pointa du doigt celui accroché sur sa robe, j’en ai déjà un, et je suis d’ailleurs fière de le porter voyez-vous…

Se rendant compte finalement de ce qu’elle portait sur la tête, elle le saisit et s’avança vers l’Ecaflip, puis, se mettant sur la pointe des pieds, lui posa le chapeau sur sa tête en tirant le bout de la langue.

- Vous aviez d’ailleurs égaré votre couvre-chef…

Ne lui laissant guère le temps de se défendre, elle lui tourna le dos et se dirigea vers le fauteuil désigné tout à l’heure. Elle resta un moment à le regarder, avant de laisser son corps s’écrouler dessus… Un léger nuage de poussière s’en libéra en même temps que l’éternuement de la jeune femme… et le rire enfantin qui s’en suivit. Elle avait décroché un rire amusé au Chevalier.

Et… vint le silence. Un silence percé à chaque instant par le bruit des gouttes de pluies au-dessus de leurs têtes, protégées par le toit de la Caravane.

Et ce fut une idée, là, puisant sa source dans les plus obscurs abymes, qui l’avait poussée à se relever, à se diriger dangereusement vers le jeune homme en le poussant doucement. Ce qu’elle fit avec la porte, à son tour.


Sous la pluie. Sans aucune raison apparente.

Elle ouvrit ses bras et releva la tête vers les cieux, un sourire serein aux lèvres. En cet instant, elle avait eu l’impression que tout son vécu s’effaçait, chaque gouttelette s’écrasant contre sa peau et finissant son trajet, emportait tout sur son passage. Elle avait eu l’impression que ces petites particules avaient en partie renouvelé quelques points. Leur donnant une nouvelle vie.

Quelques minutes s’écoulèrent ainsi, clignant des yeux enfin, elle croisa son regard, lui, qui était dressé là, au seuil de la porte, l’air plus étonné qu’autre chose.

L’Osamodette croisa ses bras derrière son dos et rit, encore une fois. Malgré le froid autour, elle ne grelottait pas pour autant. Voilà un chapitre qu’elle n’avait pas lu depuis sa plus tendre enfance, là où elle sortait en cachette avec deux, trois amis, à jouer sous la pluie.

Posant alors ses mains autour de ses lèvres, elle cria, à l’intention de Belomen.


- En fait, je pense que je peux t’aider à tout remettre en ordre ! J’attends les directives, chef !

Elle marqua un temps, histoire de pouvoir reprendre son souffle.

- Et puis, tu sais, ici, c’est pas si mal !

Une once de honte la fit frissonner, ce qui, inconsciemment, la poussa à se justifier, à se cacher derrière une excuse toute récente, toute faite.

- Et… désolée de désobéir à chaque fois, tu sais… c’était… plus fort que moi. Donc… si tu veux me chasser d’ici, ‘faut m’attraper en premier lieu !

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MessageSujet: Re: Où souffle le vent du changement [RP Privé]   Ven 26 Fév - 21:47

- En puis tu sais, ici, c'est pas si mal !

Dans l'éther humide d'une journée par l'eau baignée la fleur d'une amitié, chenille colorée devenue papillon aventureux, s'épanouissait libre. Laissant ses ailes resplendir, porté par delà les frontières, bousculant jusqu'à l'invisible tempête déchirant les cieux, un rire monta. Clef de bien des serrures, ultime droit de passage pour effacer de sa présence les derniers remords, les dernières chaînes emprisonnant l'âme et le cœur. Il fit un pas, franchissant l'abîme de silence le séparant de l'ondée rafraichissante, et ne put contenir un soupir satisfait. Ses pensées, perfides empoisonneuses du moment présent, s'échappèrent de son âme rendue inerte pour mieux choir dans l'éternel oubli.

Quelle mystérieuse étoile œuvrait en secret, éclairant de sa lumière la scène d'un attendu renouveau. Son pied surplomba le sol boueux, s'aventurant dans les airs comme âme perdue survolant le Styx, avant de s'abattre avec volonté et joie au sol en une explosion de gouttes ravies. Il eut un rire à son tour, habillant ses sentiments présents d'un vêtement fait d'eau de rosée.


- Tant de temps... tant de mois... tant d'années..., rien de plus qu'un murmure, formulation d'un espoir éteint, tant de joies éteintes et oubliées... était-ce le prix d'un pareil retour ?

Il secoua doucement la tête, possédé par un éclat de gaieté à qui il offrait volontiers son âme et son corps. Le félin se laissa guider par la caresse de l'eau, rejoignant à son tour le parterre détrempé, animé par la lagune céleste d'une vie nouvelle et foisonnante. Là, les yeux clos, libéré de lui même, il reprit lentement son souffle, inspirant avec une emphase certaine le parfum enivrant d'une époque nouvelle.

- Et… désolée de désobéir à chaque fois, tu sais… c’était… plus fort que moi. Donc… si tu veux me chasser d’ici, ‘faut m’attraper en premier lieu !

Son regard, reflet orgueilleux de chaque pluie vécue par ses ancêtres, de chaque pluie traversée par lui même, s'ouvrit à nouveau, empli d'une confiance nouvelle et d'une intrigante lueur.

- T'attraper dis-tu ?, sa voix était calme, semblant couler sans hésitation du ciel, accompagnant ses joyeux sanglots d'un voile de douceur, … c'est un labeur auquel vois-tu je n'aspire guère.

Il hocha la tête lentement, la penchant légèrement sur le côté.

- Il est à croire que je me contente facilement d'un regard ou d'un sourire, tradition parmi mes traditions familiales à croire...

Le félin, souriant, perdu dans les fils d'innombrables pensées, dépassa d'un souffle la jeune femme avant de redresser vers l'infini, fouillant du regard ce ciel gris, par tant honni, et pourtant si porteur d'une paisible poésie. Il lui tournait le dos, presque côte à côte avec elle, et sa patte noble s'accrocha sans violence aux mains que Sheza avait perdu en son dos.

- Cela faisait des années que je n'avais pas eu l'occasion ainsi de partager une pluie...

Il relâcha son emprise en une tendre caresse du bout des doigts et, d'une feuille large cueillie, récolta un peu de l'ondée qu'il versa doucement sur les fins cheveux de son amie.

- … c'est pour moi un moment unique et à chaque fois inédit, rare moment de liberté infinie où terre et cieux ces amants interdits, se trouvent enfin réunis par la pluie.

Son sourire s'accentua doucement.

- Depuis toujours j'y trouve un réconfort, le renouveau de mes envies. Je m'y laisse engloutir pour mieux m'y retrouver... comme chacun des miens perdus. C'est une tradition très forte et incomprise pourtant.

Reprenant la main de la jeune femme il l'attira, d'un pas léger que les flaques nouvelles venaient rythmer, vers le toit que, quelques instants auparavant, ils avaient quitté. Ils y prirent place tous deux, silencieux et un peu ébahis par la caresse continue de la pluie complice. Leurs jambes battant l'air humide, assis côte à côte.

-  « Le monde étant à l'intérieur, nous nous embrasons sous la pluie, et y trouvons notre bonheur quand d'autres la fuient... »

Il se tourna vers elle, porteur d'un sourire enfantin ravi.

- C'est ainsi que nous qualifions nous autres la pluie. Que je la qualifie toujours d'ailleurs.

Son rire revint, éclat sans violence ni suite, un léger vent de nostalgie souffla dans le regard du félin.

- C'est ici que je me laisse guider lorsque mon esprit me pantelle de vagabonder... je m'y retrouve, je m'y poursuis... je crois que c'est là la prochaine étape de ma vie.

Elle le regardait, il lui rendit brièvement son regard le temps d'un sourire mutuel, presque complice.

- Cet endroit je le voue un peu à l'impossible, aux illusions sans retour... je l'espère être le sanctuaire inviolable où jamais n'entrera la peur de rêver... ou d'exister.

Il garda lors le regard perdu, brillant d'une lueur pleine de promesses, n'en chassant même plus les gouttes y descendant comme autant de larmes par le temps effacées.

- Tu l'as compris je présume... ce moment aujourd'hui, cette pluie, c'est l'encre du destin qui danse et s'agite, un pétale de rose vint tomber entre ses doigts, ultime prophétie, je ne te chasserais pas d'ici Sheza...

Malgré l'averse un vent chaud, réconfortant souffla, chassant doutes et frissons.

- … je t'y invite.

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MessageSujet: Re: Où souffle le vent du changement [RP Privé]   Sam 27 Fév - 15:15

Lorsqu'il eut retourné son regard, le confiant au vide, elle l'avait suivi. Baissant sa tête, attentive, regardant leurs jambes fissurer l'air, stopper les goutes. Les oreilles baissées, à quelques instants agitées, le dos légérement courbé, elle l'écoutait.

- Tu l'as compris je présume... ce moment aujourd'hui, cette pluie, c'est l'encre du destin qui danse et s'agite, je ne te chasserais pas d'ici Sheza… je t'y invite.

Elle releva brusquement sa tête et ses yeux ne cillèrent plus pendant quelques secondes, le temps peut-être d'en être vraiment sûre. Ses traits se radoucirent aussitôt, et, posant une main sur le toit, s'approcha un peu plus du félin, posant sa tête sur son épaule.

L'étendue devant eux la laissait rêveuse, l'endroit, le moment aussi peut-être, la pluie sans doute. Un moment qui s'apprêtait à se graver dans les pages de sa vie, une page sur laquelle elle reviendrait souvent. Parmi les larmes du ciel, elle suivit le parcours de l'une d'entre elles, de la commissure de son oeil droit jusqu'au menton, après avoir parcouru ses lèvres, la quittant ensuite, s'écrasant sur la patte du félin. Elle cligna des yeux un moment, dégageant à peine sa tête de son épaule, de quelques milimètres seulement, le temps de se rendre compte de ce qui s'était passé ; ce qui lui arracha un fin sourire, qu'elle espérait invisible.

Le silence de leurs voix, le chant des alentours suffisait amplement à calmer l'Osamodette qui, rappelons-le, était nerveuse à son arrivée. Elle ferma ses yeux à moitié, et sentit avec amusement le glissement de quelques gouttes le long de ses cils... Il y'avait bien longtemps qu'elle n'avait partagé un tel moment. Le temps aussi de baisser son regard, elle put constater avec une pointe d'étonnement presque leur respiration simultanée. Détournant le regard quelques instants plus tard, elle se perdit dans ses pensées, en même temps que lui se perdait au milieu des plantes devant, des quelques rochers pointant leur tête timidement à la surface, des quelques arbres desquels s'élevaient des bras défiant le ciel, des pensées quelque part partagées, partagées et comprises, cela, elle n'en doutait plus, elle n'y avait plus le droit. Elle en avait fait la promesse, et plus que tout, elle voulait s'y tenir.

Les secondes avaient perdu de leur rapidité, les minutes de leur pression, et les heures de leur empressement habituel. Ses paupières à présent closes, son petit sourire cette fois-ci plus présent - mais qu'elle espérait toujours imperceptible -, lui donnèrent un air plus reposé, elle reprenait des couleurs, ce qui soulevait de la contradiction, reprendre des couleurs sous un orage, une pluie torrentielle était un comble pour certains. Coutume était de dire qu'il ne faisait pas beau quand l'étendue des astres nous livrait un grain de ses sentiments, elle n'y croyait pas. « Le monde étant à l'intérieur... » au coeur de la pierre autour de son cou, une petite étincelle naquit, « ...nous nous embrasons sous la pluie... » la jeune femme crispa ses traits un moment, « ... et y trouvons notre bonheur quand d'autres la fuient... », la brillance du cristal cette fois-ci, et en même temps que son âme, se fit plus que présente, alors qu'au fond de la jeune femme, la félicité n'avait jamais été aussi matérielle. Elle n'ouvrit pourtant pas les yeux, se contentant juste de serrer le bras sur lequel s'était écrasée sa larme. Elle entendit un rire familier s'échapper, se frayer un chemin parmi les obstacles ne cessant leur valse répétitive ; parce que oui, quelque part, dans ses rêves d'enfant, elle y voyait une danse. Les yeux mi-clos à présent, elle libéra quant à elle quelques chuchotements qui rejoignirent leurs précédents dans l'inifinité des cieux.

- Merci, Belo...

Nichant sa tête encore un peu plus, elle lâcha un soupir de soulagement, alors que la pierre Bleue venait tracer un chemin dans les abîmes, un chemin éclairé de tant et tant d'astres, là où aucune trace engendrant crainte n'avait place. Relâchant petit à petit son étreinte, elle glissa ses doigts entre les siens. Bien entendu, elle aurait bien voulu parler, mais que diable pouvait-elle dire dans une situation pareille ? Quand parler devenait vraiment une façon lamentable de communiquer ?

- ... Je vais donc me taire...

Fixant toujours l'horizon quelque peu assombri devant elle, mais qui paraissait orner mille et une couleurs à ses yeux, elle cru sentir un hochement de tête. Le ciel ayant achevé sa complainte sur de plus douces goutelettes, plus fines que les précédentes, Sheza le su. Cependant, l'avoir achevée ne voulait pas dire l'avoir anéantie, car, contre toute attente, la complainte avait laissé son dernier lot de traces. Des pointes des cheveux de la jeune femme perlaient l'héritage des cieux, Belomen était tout autant chargé qu'elle. Les nuages se séparants, et Sheza le pensait, à regrets, elle observait, tout comme le félin, la métamorphose des lieux. La nature prenait tout son temps, et les premiers rayons qui les éblouirent leur firent plisser des yeux en premier lieu. L'Astre du Jour allait faire son retour, et pendant qu'il attendait des nuages qu'ils le laissent pavaner ses couleurs, la jeune femme se détacha de son ami. Posant ses coudes sur ses jambes et regardant ses avant-bras, elle se retourna une dernière fois, puis tendit la main, et, comme ayant peur de briser les restes de la candeur du moment passé, reprit la parole d'une toute petite voix.

- On y a pas pensé, en tout cas, je n'y avais pas pensé... mais l'eau, c'est vachement humide.

Elle en eut un rire, malgré tout elle ne le regrettait pas.

- Du coup... Je te propose... une partie de cartes en attendant que ça sèche un peu avant de rentrer, on risque de tout mouiller. Partant ?

Au moment où il allait se prononcer, ses lèvres s'étant apprêtées à le faire, elle le coupa, les sourcils froncés.

- Attends-moi là !

Elle descendit du toit et s'approcha juste de la porte de la roulotte, constatant avec soulagement que son sac n'était pas très loin, et avait, quant à lui, échappé aux sautes d'humeur de l'éther. Elle tendit juste le bras et le saisit d'un geste ferme, avant de retourner retrouver son ami, le coeur léger. Lui tendant la patte, elle s'y accrocha avant de se pousser quelque peu, histoire qu'elle se hisse sans trop d'efforts pour lui. Assise en tailleur, elle ouvrit le sac et en ressortit le cadeau qu'il lui avait fait il y'a quelques temps, lorsqu'Atharaxya allait arborer les couleurs noires et blanches du blason de Mystra. Elle lui tendit, un petit sourire timide aux lèvres.

- Je te laisse choisir, et distribuer.

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MessageSujet: Re: Où souffle le vent du changement [RP Privé]   Mar 27 Avr - 22:41

C'était comme un long réveil, comme émerger d'un océan de quiétude après avoir été balloté par des vagues de tendresse. Une recherche de paix, de tranquillité, leurs âmes accrochées l'une à l'autre, résistant et voguant confiantes sous cette houle de sentiments. Lui en avait oublié ses tourments, ses cauchemars d'hiver, permettant à ses sens d'enfin quitter l'envers pour l'endroit. Un endroit même, le contact d'une main, d'une tête sur son épaule déposée comme une aube pleine de promesse. Une existence nouvelle, aux chemins par l'égérie tracée, et dont les contours se devinaient sur le drapé des cieux. Il avait suffit d'un rire, d'un sourire, pour briser l'instant brumeux et chasser les nuages et briser ces chaînes invisibles qui rendent l'homme malheureux.

C'était comme un long réveil, oui, comme triompher enfin de l'écume qui des cieux et de son cœur venaient mouiller son regard. Et peu importait si l'eau encore ruisselait de leurs cheveux puisque compréhension et harmonie se lisaient en leurs yeux ? Le bonheur est un fruit rare, un fruit donné par les dieux aux hommes, cette terre un jardin où il suffisait de le cultiver pour le voir croître, fleurir et s'épanouir. Il lui aurait été impossible de formuler pareilles pensées, impossible et idiot. Parfois le bonheur n'a pas besoin de mots. Il releva la tête vers elle et leurs regards se confondirent un instant d'un seul accord aux accents harmonieux. Ses joues légèrement s'empourprèrent d'une gêne illégitime, et il chassa son embarras d'un soupir.

Tendant la patte il prit de la main tendue par Sheza ce cadeau déjà ancien et que ses doigts redécouvraient avec une émotion non feinte. Il en caressa les contours, les gravures silencieuses, jamais depuis ce présent le félin n'en avait créé de nouvelles, ce jeu, quelque part, était le sien, une partie de lui même en des cartes incarnée et à chaque carte qu'il passait c'était autant de caresses effleurant son âme. Nouveau soupir, nouveau sourire.


- Je les avais oublié celles-là..., il continuait, presque absorbé, à les faire courir, jouer, entre ses doigts, cela fait si longtemps déjà ?

Elle ne répondit pas, où peut-être était-il trop absorbé par ses propres pensées pour l'entendre, et quelques secondes passèrent d'un silence que venaient briser les derniers vestiges de l'ondée. Puis un rire enfla, prenant naissance au cœur de son corps jusqu'à éclater au dehors, secouant sa fourrure d'un spasme heureux, chassant l'humidité en son sein et la faisant gonfler de bonheur. C'est un eca au volume doublé en un instant qui reposa les cartes au cœur de la main de Sheza, la refermant doucement sur le paquet.

- Non... je ne saurais te dire pourquoi petite demoiselle, mais je n'ai pas le cœur au jeu, au hasard, alors que j'ai l'impression de...

Il s'arrêta un instant, cligna des yeux et prit une teinte écarlate en comprenant qu'en s'ébrouant l'eau chassée avait trouvé une nouvelle hôte. La jeune femme semblait avoir vécue une deuxième ondée, plus violente encore que la première, et ses cheveux détrempés couvraient désormais ses traits d'un voile opaque.

- Oh !, maladroitement il tenta d'essuyer de ses pattes encore humides le visage de Sheza, je suis désolé, vraiment, je...

Elle eut un petit rire et, d'un geste habile, chassa la barrière détrempée révélant un visage pétillant, partagé entre son envie de paraître ennuyée et un évident fou rire. Ce dernier, bien qu'encore couvé, fut très vite adopté par le félin qui ne put pour sa part retenir un éclat joyeux.

- Moui... tu vois Sheza... tu ne connaissais pas ce petit détail de moi..., il barbouilla dans sa propre chevelure, l'emmêlant à souhait, mais je n'ai jamais eu le courage d'apprendre à me brosser la fourrure... alors...

Il eut un geste vague pour désigner les cheveux de la jeune femme accompagnant ses propos d'un sourire aussi amusé que gêné.

- … en ce qui concerne les cheveux..., il secoua vivement la tête, c'est un domaine de compétences qui me dépasse totalement...

Clignant des yeux pour chasser une goutte tenace il remarqua que l'osamoda tenait toujours le paquet de cartes qu'il lui avait rendu.

- Ah oui..., son sourire se chargea d'une certaine nostalgie, je voulais dire, même si mes mots ne sont pas les mieux choisis en la matière... que je ne veux pas jouer aujourd'hui, j'abandonne juste pour un instant le hasard. Je suis fatigué de toujours tenter d'apercevoir un futur aussi difficile à décrire que la brume la plus tenace, j'ai envie...

Il regarda les cieux où demeuraient encore quelques nuages sombres.

- … de me projeter sur ce seul présent et sur les certitudes qu'il fait naître.

Une irrésistible envie de bouger, de descendre de ce perchoir, de regagner la terre ferme, jetant un bref coup d'œil vers le bas il interrogea Sheza du regard.

- Cela ne te gêne pas qu'on descende à nouveau ?

Elle secoua avec une petite moue délicieuse ses vêtements trempés et il secoua négativement la tête avec un petit rire.

- C'est tout à fait délicieux de ta part Shez', vraiment, mais ce n'est pas un château ici... rien de plus qu'une caravane en ruine.

S'approchant d'elle il lui tapota le nez du doigt, taquin.

- Et même si je compte bien en faire une habitation des plus délicieuses en un temps plus ou moins incertain..., il préférait ne pas se poser la question du temps nécessaire, pour le moment c'est et ça reste une épave à peu près étanche mais pleine de poussières... tu as pu en juger !

Il se secoua légèrement, jouant de ses habits rendus lourds par l'eau.

- Du coup je ne crains pas trop de salir le sol pour le moment, je trouverais bien un endroit où je pourrais accrocher ma chemise et tant pis si ça doit goûter sur le sol des heures durant !

L'ecaflip eut un nouvel éclat de rire.

- Tu sais qu'il y avait une fuite dans ma chambre étant enfant ? Parfois... je me réveillais au milieu d'une flaque d'eau, alors rien ne me fait peur depuis ! D'ailleurs Elyonah aussi elle...

Il s'arrêta, coupé dans son élan lyrique à raconter son enfance, par une Sheza légèrement tremblante.

- Oh..., il eut un mince sourire, je suis désolé Sheza. Tu sais, quelque part à l'intérieur, il doit y avoir de vieilles tenues de caravanières du silence si jamais tu voulais te...

Nouveau geste vague de la main qui se termina par un sourire.

- Tu m'as compris. J'attendrais dehors, assis sur le perron... il te suffira de venir me chercher dès que tu auras fini. De toutes façons, que tu le veuilles ou non, tu es partie pour passer la nuit entière ici, alors autant que tu te trouves une tenue pour avoir chaud, les plaines de Cania sont glacées...

Son regard devint plus sombre l'espace d'une seconde, son corps se rappelant de cette soirée passée, blessé, allongé sous la caravane détruite de Vodkazawa alors que les craqueleurs des plaines se déchaînaient depuis les hauteurs. Il se rappelait le froid, la douleur, l'humiliation aussi d'être si inutile. C'était cette soirée qui l'avait forcé à se faire violence, à devenir un ecaflip adulte. On ne pouvait pas toujours se reposer sur...

- Hey ?

Une main posée sur sa joue, il sursauta. Sheza se tenait face à lui, visiblement inquiète.

- Il y a un souci chaton ? Tu es devenu si silencieux soudainement...

D'un sourire un peu forcé le félin secoua la tête.

- De vieux souvenirs, j'ai vécu ici à une époque tu le sais... et parfois un moment, un mot, a des reflets d'antan que je peine à réprimer tout à fait, il eut un clin d'œil, et si tu veux bien...

Il souleva Sheza dans les airs et sauta au sol de la caravane.

- … j'aimerai éviter d'avoir à y ajouter la perte d'un petit joyau mort de froid à force de m'entendre raconter mes âneries.

L'ecaflip poussa la porte du bout de sa patte, et, après avoir déposé un rapide baiser sur le front de la jeune femme, la laissa seule dans la caravane, les joues étrangement cramoisies.

- Prends ton temps en tout cas... et... Sheza ?

La voix de la jeune femme, légèrement étouffée lui répondit oui du fin fond de la caravane.

- … je suis heureux que tu sois là, sa voix n'était qu'un mince murmure que le vent suffisait à faire taire, vraiment heureux oui...

Il caressa doucement les sculptures de bois, posant son front contre la porte et eut un soupir de satisfaction avant de se retourner et de s'asseoir dos à l'entrée. Un frisson le parcouru et il replia ses jambes contre lui, à son tour touché par le froid, la nuit s'annonçait belle. Et sur cette dernière et seule idée, un sourire aux lèvres, il s'assoupit. Non loin de là une pierre bleue étrange luisait doucement d'une lueur douce, apaisée.

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MessageSujet: Re: Où souffle le vent du changement [RP Privé]   Ven 30 Avr - 23:08

A l’intérieur, elle retira ses bottines et chercha du regard une armoire au fur et à mesure qu’elle avançait, et parfois, s’arrêtait même pour examiner quelques objets, certainement vieux, mais qui n’en étaient que plus fascinants. Elle comprenait mieux le félin, si il arrivait à remettre quelques détails en ordre, il est vrai que la caravane ferait une délicieuse demeure.

Un peu plus loin, une porte entre-ouverte, et elle cru deviner un tunnel de lianes tressées, elle s’en approcha, par pure curiosité, et en eut une petite grimace. Les Craqueleurs ne faisaient décidément pas les choses à moitié. Se retournant finalement après quelques minutes, elle balaya de son regard la pièce, et se dirigea vers son objectif avec un sourire ravi. Et dire qu’elle ne l’avait pas remarqué plus tôt.

Alors qu’elle posait sa main sur le bois, elle sentit une douce chaleur au niveau de sa poitrine. Baissant son regard, elle eut l’agréable de surprise de voir son pendentif briller d’une vive lueur, comme une caresse innocente. Elle poussa un petit soupir en même temps qu’elle serrait le cristal d’une main. Quelques moments s’écoulèrent ainsi avant qu’elle ne libère son pendentif et recommence à chercher les fameuses tenues.

Elle fit d’ailleurs vite son choix… Toutes se ressemblaient. Et elle en piocha une au hasard, qu’elle enfila à la hâte avant de réellement l’observer. Sheza eut un petit sourire, une pensée vint effleurer son esprit, comme quoi, si jamais elle avait été plus voyageuse dans le passé, elle aurait certainement porté ces mêmes vêtements. C’était, disons… plus léger pour elle, et surtout plus pratique aussi. Car ce n’était pas une robe, juste un haut blanc, marqué ici et là de quelques marques d’un bleu azur, le même que celui de la jupe qu’elle portait… Les couleurs du blason de la Caravane du Silence.

Posant finalement sa tunique rose sur son bras, elle se dirigea vers la sortie, la posant sur un escalier et rejoignant d’un pas vif le félin… qui ne bougeait pas. Arrivée à ses côtés elle se pencha vers lui, et l’effet fut instantané. Ses traits se radoucirent aussitôt, et une main se dirigea vers sa joue, constatant par la même occasion qu’il frissonnait. Retirant sa main, elle lança un regard vide autour d’elle. Le vent semblait vouloir s’amuser encore un peu. Sheza se retourna et alla rejoindre l’intérieur, à la recherche d’une couverture qui pourrait le tenir au chaud.

A peine eut-elle franchi le seuil de la porte qu’elle posa ses mains sur ses hanches, un sourcil froncé. Fermant les yeux, elle eut l’impression de se souvenir qu’il y avait bien des morceaux de tissus qui pouvaient procurer une certaine chaleur par ici… C’était normal après tout, la roulotte avait été habitée.

Quelques minutes plus tard, elle trouva une couverture qui pouvait servir, et même si poussiéreuse, cela ne posait pas de problème, elle sortit la dépoussiérer et revint vers l’entrée où Belomen avait quitté les lieux pour les bras de Mystra. La jeune femme l’observa un moment, puis silencieusement s’approcha de lui, entourant ses épaules de la couverture, ceci fait, elle s’assit et le tira doucement vers elle, l’allongeant contre elle.

Là, toutefois, une question vint la brûler en réclamant une réponse. Pourquoi ne l’avait-elle pas tout simplement réveillé ? C’aurait été plus simple. Beaucoup plus simple. Dirigeant une nouvelle fois un regard vers l’Ecaflip, elle laissa échapper un rire.

En le réveillant, elle l’aurait privé de la douce étreinte de Mystra, et elle ne savait pas s’il aurait voulu être dérangé. Aussi, elle s’était rendue compte que même si elle bougeait quelques fois, il n’avait pas l’air de la sentir, et aucun grognement ne brisait le silence ambiant.

Avec un peu de chance, il se réveillerait avant le crépuscule, sinon, elle s’en occuperait.

Il ne s’agitait pas dans son sommeil, ses traits dégageaient une véritable sérénité et elle eut peine à retirer son regard de son visage.

Ses lèvres s’ouvrirent pour libérer quelques murmures.


- Tu dois faire de beaux rêves, toi, ou du moins, je l'espère, marquant un temps, elle remonta d’un geste de la main le tissu pour couvrir son épaule parcourue de frissons, ma présence t’a tant ennuyé ?

Petit sourire. Elle reposa sa main sur son épaule et le vent commençait à jouer inlassablement avec ses cheveux encore mouillés. De son autre main, elle s’accouda en prenant appui sur son genou, et lâcha les rênes retenant encore son esprit en ces lieux. Ce devait être la première fois qu’elle allait quitter ses quartiers le soir, que penseraient certaines têtes qu’elle fréquentait, à cette heure-ci d’habitude, autour d’un verre ?

Son mouvement de tête fut plus un réflexe qu’autre chose, car ce geste eut pour effet de la sortir de sa torpeur.
Là elle se rendit compte que pensée sur pensée, le temps avait, quant à lui, fait son tour, et juste pour se procurer une sorte d’appui, elle jeta un regard vers l’horizon.

Il était à présent déchiré par un long fil rouge aux nuances rosâtres, et tout autour se mélangeaient des tâches nuancées d’orangé, d’un jaune pâle et d’un bleu bientôt virant à un doux violet. L’Astre, lui, s’engouffrait dans sa robe en une danse tout aussi lente que délicieuse.


- Il va bientôt faire nuit...

Quelle perspicacité, se dit-elle avec une pointe de sarcasme. Elle baissa à nouveau son regard vers l’Ecaflip et attendit encore un peu, il n’avait pas bougé.

Mystra pouvait être possessive, c’était son enfant, après tout.

Les premières étoiles vinrent éclairer le ciel, et ses pupilles allant à leur rencontre, elle se mit à parler à faible voix.


- Une légende dit qu’il y avait deux étoiles ornant le ciel, toujours près l’une de l’autre et brillant de la même intensité, elle fixait deux étoiles reflétant son récit, Un jour, l’une d’elles décida de se défaire de ce lien, et quitta sa sœur, dans l’espoir de découvrir… le ciel dans lequel elle nageait. Aashra, l’autre étoile, eut du mal à l’accepter…

Tournant vaguement la tête, elle en vit une autre briller.

- Mais finalement, comme elle ne s’en remettait pas, elle commença à s’éteindre petit à petit, et on la surnomma « Aashra la Malheureuse ». Certaines étoiles étaient tristes de la voir tourner ainsi, mais, et elles eurent du mal à l’avouer, sa voix laissa place à un long silence, elles ne pouvaient rien faire pour elle…

Récit d’Ysyria, qui, à l’époque, avait l’habitude le conter à sa fille, toujours avide de plus d’histoires. Et Sheza y croyait dur comme fer quand elle n’était pas plus haute que 3 pommes, et même aujourd’hui, tout cela restait jalousement gardé dans un des coffrets de sa mémoire. Et elle s’en souvenait comme si c’était hier. Ses caresses dans ses cheveux, ses regards scrutant l’air de la petite, allongée contre elle, et qui, parfois, adoptait un air boudeur ou triste, heureux, suivant le destin de héros imaginaires, mais elle était sûre que quelqu’un vivait la même histoire, quelque part.

Et rien, cette fois-ci, ne lui fit comprendre qu’elle était sûrement en train de s’oublier.

Ce qu’elle ne savait pas, c’est qu’elle était en train de reproduire le même schéma. Ainsi, une main s’était perdue dans la chevelure du félin, et elle ne prit conscience de son geste que lorsqu’elle entendit une voix endormie demander doucement.
« Maman… ? » Le choc fut électrique : elle ne s’y attendait pas. Inclinant la tête, elle vérifia s’il n’avait pas quitté Mystra, mais ses yeux étaient toujours clos. Et les siens allaient bientôt faire la même chose.

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