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 Un trait d'union... [RP privé]

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Englael



Messages : 374
Date d'inscription : 08/06/2009
Age : 29
Localisation : Sur le toit de la taverne de l'Ordre

Quelques informations...
Race: Eniripsa
Guilde: l'Ordre des Chevaliers de Mystra
Cercle de Puissance:
192/200  (192/200)

MessageSujet: Un trait d'union... [RP privé]   Mer 6 Jan - 22:25

Une paisible fin d’après-midi sur le port de Madrestam. Le soleil, en voie d’achever sa course, dardait ses derniers rayons sur les quais, allongeant les ombres des tonneaux et des derniers passants qui pressaient le pas, emmitouflés sous plusieurs épaisseurs de laines en tous genre. Le mois de Descendre était passé, mais la vague de froid qui l’accompagnait peinait à plier bagages. Rares étaient les aventuriers suffisamment hardis pour oser passer plus d’une heure en dehors des tavernes. La vie semblait suivre son cours au ralenti, comme si le monde entier hibernait. Pourtant…

Le toit de la taverne de l’Ordre des Chevaliers de Mystra était, une fois de plus, ornée de son semblant de gargouille. Si, durant les semaines passées, il avait été difficile, voire impossible, d’apercevoir Englael ne fût-ce que quelques minutes, ce dernier ne fermait plus l’œil depuis quelques jours. Il restait prostré sur le faîte du toit, parfois adossé aux pierres de la cheminée, peu soucieux de la température extérieure et du vent qui s’engouffrait sous sa cape, ne descendant même pas pour un cuissot de Bouftou ni même un verre de Glouto Rhum. Dire qu’il était préoccupé aurait été un doux euphémisme.

Cinq jours…
Cinq jours qu’elle était partie en disant « Je reviens vite, je te le promets », gratifiant son époux d’un tendre baiser sur le front.


Cinq jours que l’on demeurait sans nouvelles d’elle. Et qu’il était impossible de faire décrocher un mot ou l’ombre d’un sourire à Englael. Même Sheza se retrouvait impuissante face à son désarroi. L’Eniripsa, qui passait ses journées et ses nuits à scruter l’horizon, guetter la moindre silhouette qui déambulait dans les alentours plus ou moins proches des quartiers de l’Ordre, s’imaginait déjà le pire.

Peut-être lui était-il arrivé quelque chose de terrible ? Elle aurait pu être, une fois de plus, la cible d’une attaque de Trools, mais cette fois, point de Sylvangel pour voler à son secours. Point d’Englael non plus, d’ailleurs…
Ou peut-être encore… Elle serait allée noyer son désespoir au fond d’un bock de la Chopenbois, et y aurait fait de mauvaises rencontres. Après tout, Bonta n’était plus aussi bien fréquentée qu’elle l’avait été par le passé…

L’Eniripsa frissonna de tout son être. Une vision des plus insupportables venait de lui traverser l’esprit : le corps de sa bien-aimée lacéré de toutes parts, inerte, au fin fond d’une forêt sombre, où personne ne la retrouverait. Son regard d’émeraude, à jamais figé, semblait à la fois inquisiteur et plein de regrets. Son visage était figé dans un rictus épouvantable.

Il fallut quelques secondes à Englael pour se libérer de cette évocation cauchemardesque. Quelques secondes qui lui semblèrent autant de coups de fers sur son âme déjà meurtrie par la culpabilité et l’anxiété. Non, il était impossible qu’il ait failli à ce point. Il ne pourrait jamais se le pardonner…
Lorsqu’il ouvrit les yeux, il posa le regard sur ses mains. Cette partie du corps où se concentrait le pouvoir des adorateurs d’Eniripsa, ces quelques centimètres de peau qui pouvaient soigner tous les maux, de la simple égratignure que l’on se fait en courant dans les bois, aux énormes balafres que peut infliger l’encornure d’un Minotot. Les siennes lui seraient désormais bien peu utiles…

Le soleil couchant se reflétait sur l’anneau d’or qu’il portait à la main gauche. Le jeune homme le fit lentement tourner autour de son annulaire, et laissa à nouveau son âme vagabonder.

L’avait-elle quitté pour de bon ? Après tout, il avait manqué à tous ses devoir pendant bien longtemps, il l’avait délaissée plus que quiconque n’aurait pu le supporter, il eût été tout à fait normal qu’elle décide de refaire sa vie ailleurs, avec quelqu'un qui saurait la rendre heureuse. Elle, plus que quiconque, méritait d’être heureuse…

Perdu dans ses pensées, Englael n’entendit pas les bruits de pas sur les pavés. Une petite forme, elle aussi dissimulée sous un capuchon, se faufilait entre les caisses de bois. Elle semblait appeler quelqu’un, mais sa voix était couverte par le sifflement du vent. Elle arrêta sa course devant la porte de la taverne de l’Ordre et y entra. Elle en ressortit à peine quelques secondes après, fit quelques pas et, plaçant ses mains en porte-voix, héla :

- Glael ! Glael !

L’Eniripsa fut enfin sorti de sa torpeur, et regarda le sol. Il distingua une silhouette frêle, portant un arc dans le dos, un visage entouré par des oreilles pointues, les cheveux mi-longs…

- Zahikel ?! Mais qu’est-ce que tu fais là ?
- Pas le temps de discuter ! Descends de là et suis-moi ! Ta femme a besoin de toi !
- Ma fem… Daisi ? Tu sais où elle est ?
- Non, c’est pour ça que j’ai traversé la moitié d’Amakna pour venir te chercher… Bien sûr que je sais où elle est ! Allez, dépêche-toi !

Peu conscient de la hauteur qui le séparait du sol, Englael sauta dans le vide et atterrit lourdement sur les pavés. Il se releva sans peine, bien plus préoccupé par le sort de sa bien-aimée que par son propre corps qui, il faut bien l’avouer, avait peu apprécié la chute libre. Il sauta sur le dos d’Ezekiel et, suivant sa sœur, fonça dans la nuit en direction d’Amakna.
Après des heures de course effrénée, ils s’arrêtèrent enfin. Englael reconnut sans mal où ils se trouvaient.


- La maison ? Mais je croyais que…
- Pose pas de question je t’ai dit ! Laisse moi Ezekiel, j’vais m’en occuper. Et file à l’intérieur !

De mémoire, Englael n’avait jamais vu sa cadette si autoritaire. Il obéit cependant, craignait de s’attirer les foudres dont seule la gent féminine avait le secret. A peine avait-il poussé la porte de la demeure familiale qu’Elfythalia, qui descendait l’escalier, l’interpella.

- Te voilà enfin ! Viens avec moi !

Elle saisit sa main et le tira derrière elle, remontant les marches en bois. Arrivés à l’étage, elle lui indiqua la petite porte au bout du couloir. Celle de la chambre qu’Englael occupait lorsqu’il vivait encore là bas.

- Mais je…
- Arrête avec tes questions et vas voir… Mais ne la brusque pas trop, elle a besoin de repos…

Perplexe, Englael avança à pas de loup le long du couloir et poussa doucement la porte de sa chambre, qui émit un grincement timide. Puis il passa la tête dans l’entrebâillement…
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Daisi



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MessageSujet: Re: Un trait d'union... [RP privé]   Mer 9 Mar - 2:41

Cela faisait déjà plusieurs jours que les Chevaliers n'avaient pas vu Daisi, elle était partie faire un long voyage, surement pour essayer de se souvenir de son passé, laissant derrière elle son bien aimé sans laisser de mot... Cette décision fut difficile à prendre mais elle savait qu'elle devait le faire, pour le bien de tout le monde. Elle parcourut Amakna en ne s'arrêtant seulement pour se reposer et permettre à Arthemis, sa dragodinde, de se reposer également. Après plusieurs jours elle commença à se sentir affaiblie, non pas par manque de nourriture, c'était autre chose... En passant devant le temple de sa Déesse Crâ, elle en profita pour aller lui demander conseil, espérant obtenir une réponse. Après quelques heures de prières elle reprit la route en direction de l'est, arrivant aux alentours du temple Eniripsa elle vit Zahikel s'entraîner, et, s'approchant d'elle pour la saluer, elle tomba de fatigue. Voyant la jeune femme ainsi, Zahikel l'amena chez elle, et quand Elfythalia vit arriver sa fille, accompagnée de Daisi inconsciente sur sa monture, elle lui demanda ce qu'il s'était passé. Zahikel lui raconta et, une fois fini, la prêtresse lui ordonna d’installer Daisi dans la chambre d'Englael. Celle-ci commença à reprendre connaissance en poussant des cris de douleur.

Où... Où suis-je?

Ne t'inquiete pas, tout vas bien.

Eng... Englael, où est-il ? Qu'ai-je fait?
Il ne me le pardonnera ja...jamais...


Elfythalia sortit de la chambre et demanda à Zahikel d'aller trouver Englael et de le faire venir au plus vite. Pendant ce temps, elle fit de son mieux pour s'occuper de Daisi, après quelques heures de douleurs interminables, le calme était revenu dans la chambre, mais elles n'étaient plus deux a présent... En effet Naerdowen était née. Elfythalia conseilla à Daisi de se reposer, ainsi ferma-t-elle les yeux pour ne les rouvrir que le lendemain, réveillée par les bruit de pas dans le couloir. Elle entendit avec beaucoup de mal quelqu'un arriver...


Mais je...

Arrête avec tes questions et vas voir... Mais ne la brusque pas trop, elle a besoin de repos...


Englael poussa la porte de la chambre, laissant entrer juste sa tête, comme s’il avait peur qu'il soit arrivé le pire à Daisi. Elle ne savait pas comment lui annoncer la nouvelle, ni même comment il allait le prendre.

Entre chéri... Je... Je te presente notre fille... Elle s'appele Naerdowen...
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Englael



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MessageSujet: Re: Un trait d'union... [RP privé]   Sam 12 Mar - 3:07

Etait-ce un simple effet de la pénombre environnante, ou une volonté plus ou moins inconsciente de ne pas regarder la réalité en face ? Il fallut plusieurs instants pour que les yeux d’Englael daignent faire leur office et transmettre à leur propriétaire des informations sur la pièce qui s’ouvrait devant lui. Une pièce dans laquelle il avait passé ses premières années et où, comme dans toute la maison, le temps semblait s’être arrêté. Des esquisses maladroites accrochées aux murs aux peluches diverses consciencieusement alignées et classées par taille sur une étagère, rien n’y avait changé depuis son enfance.

Enfin, presque.

Dans le petit lit en bois était désormais allongée une jeune femme. La seule femme que le disciple d’Eniripsa eût jamais aimée. Et qu’il avait, l’espace d’un instant de pessimisme mal avisé, crue perdue. Mais elle était bien là. Le teint pâle et les traits tirés, mais bien là ! Tout le corps du jeune homme s’affaissa de soulagement, ses jambes, soudain en coton, portant à peine sa frêle carrure. Il prit appui contre le montant de la porte. Englael n’était pourtant pas au bout de ses peines. En effet, un fin sourire aux lèvres, Daisi l’interpella.


Entre chéri... Je... Je te présente notre fille... Elle s'appele Naerdowen...

Pas réellement au fait de ce qui lui arrivait, et comme mû par une force extérieure, Englael fit quelques pas en direction de son épouse. Cette dernière tenait dans ses bras un amas de tissu qu’elle regardait avec tendresse, et qu’elle lui tendit lorsqu’il arriva à sa hauteur. Ce n’est que lorsqu’il l’eut dans les bras que le disciple d’Eniripsa prit une plus ou moins pleine conscience de la situation. La couverture emmaillotait en fait un petit être rose et endormi. L’enfant avait une abondante chevelure cérulée. Pas de doute, c’était un rejeton du clan Capashen ! Hormis ce détail, elle tenait tout de sa mère, qui observait la scène, visiblement anxieuse, attendant peut-être une réaction quelconque de la part d’Englael.
Les affects, idées, sensations se bousculaient dans l’esprit de ce dernier. Lui qui avait déjà du mal à s’occuper de lui-même, voilà qu’il allait avoir la responsabilité d’un nourrisson ! Certes, il avait pris soin de ses jeunes sœurs par le passé, mais il s’était contenté d’être le grand frère, le chaperon, le bon ami tout au plus… Pas le père ! D’autant plus que, au fil des années, il avait fini par se faire à l’idée de ne laisser comme unique trace de son passage en ce monde que quelques baguettes et quelques souvenirs dans l’esprit de ses amis les plus proches. Mais voilà qu’il avait été en mesure, non pas de la sauver, mais de donner la vie ! Allait-il seulement se montrer en mesure de mériter ce cadeau que les Dieux venaient de leur faire ?

Ce fut Naerdowen, du haut de ses quelques heures de vie, qui mit fin à ses questionnements. Elle ouvrit en effet les yeux et les posa sur celui qui la tenait dans ses bras. De grands yeux blancs qui le transpercèrent, n’épargnant surtout pas son cœur.

Englael adressa un sourire amusé à son épouse.


- Ah… Va falloir se faire à l’idée d’avoir une Iopette dans la famille !


Ce souvenir était encore bien vivant dans l’esprit d’Englael. Douloureusement vivant, même. Naerdowen venait de souffler sa première bougie et grandissait vite, entourée et aimée comme tout enfant rêverait de l’être.

A un petit détail près.


Chéri, je suis désolée mais… C’est au-dessus de mes forces…


Telles avaient les paroles que Daisi avait prononcées, leur tournant le dos. Puis elle avait passé la porte et n’était jamais réapparue. A peine avait-elle recouvré ses forces après l’accouchement, qu’elle s’était à nouveau volatilisée. S’ensuivirent quelques jours d’errance au cours desquels Englael a tenté en vain de noyer son désespoir dans le Glouto Rhum - une fois n’est pas coutume -, scrutant à nouveau l’horizon, espérant tout aussi vainement que Daisi reviendrait et qu’ils pourraient vivre heureux, enfin. Puis il finit par se reprendre en main et assuma son rôle de père autant que son esprit tourmenté le lui permettait. Englael n’ayant pas trouvé la force de dévoiler son existence à ses compagnons d’armes, la fillette fut élevée dans la demeure familiale des Capashen. Le disciple d’Eniripsa y avait réintégré sa chambre d’enfant, la partageant avec Naerdowen. Il jonglait ainsi entre vie de famille et vie de Chevalier, tâchant de n’éveiller aucun soupçon, Elfythalia ou Zahikel prenant le relai et s’occupant de la petiote lorsque cela s’avérait nécessaire.

Les semaines ont ainsi passé les unes après les autres, Englael, pris par les événements, n’ayant guère plus le temps de se morfondre sur sa solitude et le naufrage de son mariage. Puis, un jour, lorsqu’il se réveilla, il constata que son annulaire gauche ne portait plus son cercle d’or ; ayant mis ses quartiers sens dessus dessous sans rien trouver, il finit par en déduire, se maudissant, qu’il l’avait égaré ailleurs. Un parchemin posé à son attention sur une table de la pièce commune des quartiers de l’Ordre à Madrestam le détrompa : une récente loi stipulait que, en l’absence prolongée d’un des deux conjoints, et par souci du bien-être de l’autre, le mariage était rendu caduque sans le moindre frais et sans appel. Cruelles lois d’Amakna qui portaient le coup de grâce au cœur meurtri du fidèle d’Eniripsa!


Englael fut tiré de ses pensées par le grincement timide de la porte derrière lui. Naerdowen avait fini par s’endormir, blottie contre lui. Tâchant de ne pas la réveiller, le jeune homme se retourna lentement. La tête d’Atharaxya pointait dans l’entrebâillement de la porte. Elle qui avait, depuis quelques temps, retrouvé le sourire, affichait son air des mauvais jours. Ou des mauvais moments.

- Glael, je peux te parler ?
- Mmmh ? Il installa précautionneusement Naerdowen dans son berceau, cette dernière esquissant une grimace dans sommeil et laissant échapper un grognement, visiblement désappointée qu’on la sépare de son réceptacle chauffant et câlinant.
- Y’a quelqu’un en bas pour toi. Personnellement je l’aurais jamais laissée entrer dans la maison, mais tu sais comment sont les parents, paraît que c’est ton avis à toi qui compte. Je peux aller lui coller mon poing sur la figure ?
- Teuh teuh teuh… Qui que ce soit, cette personne ne mérite certainement pas que tu t’acharnes dessus.
- Mais je…
- C’est gentil de ta part, j’apprécie le geste, mais laisse-moi d’abord voir qui c’est…

Ils argumentèrent ainsi jusqu’en bas de l’escalier, où Atharaxya, ayant jeté un regard assassin à l’importun visiteur, les laissa seuls dans la pièce.
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MessageSujet: Re: Un trait d'union... [RP privé]   Aujourd'hui à 21:14

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